Transports: l’Etat va investir 27,7 milliards d’euros sur 10 ans

Le 12 septembre 2018 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
850 M€/an d’ici 2022 pour le réseau routier national non concédé.
850 M€/an d’ici 2022 pour le réseau routier national non concédé.
Anne LOMBARD/Text Pistol

Entretien de tous les réseaux, décongestion des nœuds ferroviaires, mobilités du quotidien… Avec un impératif: la sincérité financière des engagements.

27,7 milliards d’euros. C’est l’enveloppe que prévoit d’investir l’Etat pour les transports dans les 10 prochaines années à venir. 13,4 Md€ seront débloqués sur la période 2018-2022 (+40% par rapport aux 5 années précédentes), puis 14,3 Md€ sur la période 2023-2027. Après la «pause» dans les projets d’infrastructures, après les Assises de la mobilité et grâce au concours du Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI) crée en octobre 2017, Elisabeth Borne entend proposer «une transformation en profondeur», en suivant «un calendrier et une méthode inédite». Objectif du gouvernement: définir une stratégie d’investissements «cohérente, répondant aux priorités, et mettant en adéquation les engagements et les ressources». Des investissements qui seront présentés et débattus –et c’est une première- au Parlement. Quatre axes structurent ce plan -faciliter les déplacements du quotidien ; accélérer la transition écologique; contribuer à la cohésion des territoires; renforcer l’efficacité des transports de marchandises-, déclinés en 5 programmes d’investissements.
Routes, rail et fluvial
«La première des priorités», insiste le ministère des transports, consistera à entretenir et moderniser les réseaux nationaux routiers, ferroviaires et fluviaux existants. Sur le réseau routier national non concédé, les crédits d’entretien, d’exploitation et de modernisation seront progressivement augmentés sur la décennie pour atteindre 850 M€/an d’ici 2022 puis 930 M€/an sur la période suivante (soit +31% de moyens sur la décennie 2018-2027 par rapport à la décennie précédente). 3,6 Mds€ annuels seront investis sur 10 ans sur le réseau ferroviaire existant, avec des projets comme la nouvelle génération de signalisation ferroviaire, des opérations de sécurité (notamment de mise en sécurité des passages à niveau), de lutte contre le bruit et de mise en conformité de l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Enfin, le réseau fluvial bénéficiera de crédits pour l’automatisation et la téléconduite d’ouvrages, à hauteur de 110 M€/an entre 2019 et 2022 et 130 M€/an entre 2023 et 2027.
Transports du quotidien
L’amélioration des déplacements du quotidien passe par un renforcement et un développement des transports ferroviaires dans les métropoles, dans les liaisons avec les villes moyennes et la desserte des territoires périurbains, estime le ministère. L’objectif principal consiste à désaturer les grands nœuds ferroviaires, notamment dans une Ile-de-France où 200 km de lignes de métro automatique sont en cours de construction. En région, l’objectif est de doubler la part modale du transport ferroviaire dans les déplacements du quotidien autour des grands pôles urbains. L’Etat prévoit d’y investir 2,6 Md€ dans les 10 années à venir (hors Ile-de-France), afin de traiter «les nœuds urbains saturés».
Désenclavement routier
Une vingtaine d’opérations de désenclavement routier -déviations courtes, aménagements de traversées d’agglomérations, de créneaux de dépassement, de rectifications de virages ou des aménagements de carrefours- sont déjà prévues au sein des contrats de plan Etat-région. Montant programmé: 1 Md€ sur 10 ans, pour améliorer la qualité du réseau routier national desservant les villes moyennes et les territoires ruraux notamment en terme de sécurité et de niveau de service. Les investissements pour l’Outre-mer ne sont pas concernés par ces annonces et seront intégrés à la fois dans le cadre des Contrats de Plan Etat-Régions ou de contrats spécifiques établis avec les collectivités (notamment les Contrats de Convergence).
Les AOT à l’honneur
Dans l’attente de l’annonce du plan vélo annoncé –après maintes tergiversations- pour ce 14 septembre, les «mobilités du quotidien» bénéficieront d’ores et déjà d’une enveloppe de 1,2 Md€ sur 10 ans pour accompagner les autorités organisatrices. Celles-ci, dont les compétences seront largement étendues aux collectivités territoriales selon le projet de loi sur les mobilités, devraient désormais couvrir tout le territoire. Via des appels à projets, l’Etat entend développer 3 axes majeurs: le développement des pôles d’échanges multimodaux et des transports en commun; l’accompagnement des innovations, des nouveaux services de mobilité et des véhicules autonomes et connectés; le soutien aux modes actifs, notamment le vélo et la marche à pied. Afin de réduire l’usage individuel de la voiture et la maîtrise de la congestion, l’Etat s’engage à favoriser la gestion dynamique du trafic ou les voies réservées et à accompagner les collectivités dans leurs projets (covoiturage par exemple).
Ambition forte pour les marchandises
L’efficacité et le report modal dans le transport de marchandises, pour lequel le gouvernement affiche «une ambition forte», c’est 1 Md€ qui sera dans les 5 ans, et 2,3 Md€ sur la décennie. Au menu: réduction du bruit ferroviaire (infrastructure et matériel), mise à niveau des réseaux capillaires fret et des voies de services, soutien au développement des solutions de transport intermodal diversifiées et aux opérateurs de transport combiné, ainsi qu’aux programmes d’investissements des Grands Port Maritimes.
 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus