Transports: l’élargissement du tunnel du col de Tende inquiète

Le 03 juin 2016 par Marine Jobert
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La vallée de la Roya, à la frontière italienne.
La vallée de la Roya, à la frontière italienne.
©ADTRB

C’est un tunnel entre la France et l’Italie trop étroit pour y circuler en même temps dans les deux sens. Les autorités veulent l’élargir. Des habitants de la vallée de la Roya s’y opposent, inquiets pour le trafic, la pollution et l’avenir de la desserte ferroviaire.

C’est une vallée en trait d’union entre la France et l’Italie, qui se déploie sur 60 kilomètres en bordure du parc du Mercantour et traverse 5 sites classés Natura 2000. Bijou naturaliste et touristique perché dans l’arrière-pays niçois, la Roya est aujourd’hui menacée, dénoncent des habitants. En cause: le doublement du tunnel routier du col de Tende. Les premiers travaux ont commencé en 2014 et devraient s’achever en 2021. Pour l’heure, les habitants de la vallée, soutenus par un collectif d’associations, dénoncent un aspirateur à camions, la mort annoncée du chemin de fer et l’asphyxie de la vallée.

Passage en alternance

Aujourd’hui, le passage d’un côté à l’autre de la frontière se fait en alternance: les véhicules doivent patienter 30 minutes entre deux passages. La circulation des marchandises dangereuses est interdite. Il n’existe pas de limitation sur le tonnage, ni de limitation sur les émissions de véhicules, mais les dimensions du tunnel interdisent le transit des camions d’un gabarit supérieur a? 3,90 m de haut. Trafic: 3.600 véhicules de moyenne journalière dans chaque sens, dont ‘seulement’ 160 camions.

6.000 véhicules par jour

Demain, craignent les associations, la circulation à double sens (après creusement et installation d’un second tube de circulation) sonnera la fin de l’alternance et l’arrivée des camions de 4 mètres. Augmentation du trafic prévue: 6.000 véhicules de moyenne journalière. «C'est la voie ouverte aux camions qui éviteront le péage de Vintimille. C'est une pollution de l'air accrue, une atteinte a? la biodiversité. Une vallée, qui peut a? peine supporter le trafic actuel, sacrifiée», plaide l’Association Roya Expansion Nature.

Vallée condamnée

Les soutiens au projet font valoir qu’il est nécessaire «d'ajuster le col aux exigences actuelles de circulation, (…) de développer les conditions de sécurité» et mettent en avant «la diminution des temps de parcours». Si la sécurisation du tunnel est plutôt bien accueillie par la population locale, l’augmentation du trafic et son cortège de nuisances inquiète fort. Et les opposants rient jaune quand on leur parle d’une future régulation du trafic: «Au Fréjus, comme au Mont Blanc, les habitants payent cash les mensonges d'avant-projet par un trafic grandissant, une pollution de l'air ‘inarrêtable’, une vallée condamnée, et un pays du Mont Blanc usine à gaz». La qualité de l’air n’est déjà pas fameuse: un capteur situé à une vingtaine de kilomètres à vol d'oiseau de la vallée de la Roya oscille entre 75 et 81 jours par an de dépassement des seuils autorisés pour l’ozone par l'Europe et des pointes aux particules fines ont été pour la première fois relevées en mars 2014.

Rail délaissé

Les opposants préfèreraient que le projet soit recalibré, au profit d’un seul tunnel rénové et d’un maintien de la circulation par alternance.  Une partie des 230 millions d’euros pourrait ainsi être injectée dans la rénovation et la re-électrification de la ligne actuelle de fret. «Il manque au moins 29 M€ en urgence et 90 pour la pérennisation de la ligne Nice-Turin. L’abandon du rail va à contresens du développement durable et des besoins des populations.»

 



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