Transport routier: l’Europe veut fluidifier ses frontières

Le 26 mars 2020 par Victor Miget
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Le rétablissement des contrôles aux frontières et les contrôles sanitaires ont fortement perturbé le passage de marchandises.
Le rétablissement des contrôles aux frontières et les contrôles sanitaires ont fortement perturbé le passage de marchandises.
Volvo

La Commission européenne a présenté, lundi 23 mars, une liste de recommandations pour fluidifier le transport routier à l’intérieur de l’UE.

 

Que faire pour que tout le monde ait son rouleau de papier toilette? La Commission européenne se mobilise pour réorganiser les chaînes d’approvisionnement en pleine épidémie de Covid-19. Le rétablissement des contrôles aux frontières et les contrôles sanitaires ont fortement perturbé le passage de marchandises. Des fournitures médicales ont ainsi été bloquées pendant plus de 24 heures à la frontière entre deux pays membres, regrette Bruxelles.

Des voies vertes

«Cela doit cesser», a affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen dans une allocution vidéo. Ni une ni deux, une série de recommandations à destination des Etats membres a été publiée. Les voies réservées aux transports routiers devront être «ouvertes à tous les véhicules de transport de marchandises, quelles que soient les marchandises qu'ils transportent», selon le document de l’institution.

Autre proposition: opérer les dépistages anti-coronavirus sans que les conducteurs n'aient à quitter leur cabine. La Commission estime aussi qu’un simple certificat d'aptitude professionnelle reconnu au niveau international ou une lettre signée de l’employeur suffisent pour passer d’un pays à l’autre.

L’exécutif communautaire demande aussi que les États membres se coordonnent pour n’effectuer qu’un seul contrôle de santé à la frontière. Objectif: limiter l’arrêt du camion à un quart d’heure.

Horaires triturées

Les 27 sont invités à «suspendre temporairement toutes les restrictions de la circulation routière actuellement en vigueur sur leur territoire». Interdictions sectorielles comprises. «Très concrètement, il s’agit de donner la possibilité aux entreprises en situation de pénurie de conducteurs d’acheminer leurs produits», précise Erwan Poumeroulie, responsable des affaires juridiques et sociales de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR).

Dans ce cadre, la France avait déjà publié, samedi 21 mars au deux arrêtés du ministère de la Transition écologique et solidaire. Ils modifient jusqu'au 20 avril 2020 inclus, les limitations de temps de conduite des chauffeurs routiers et de circulation des poids lourds. La durée journalière de conduite passe dans la limite de dix à onze heures par jour, deux fois par semaine, contre neuf heures habituellement. La durée hebdomadaire de conduite pourra aussi atteindre soixante heures par semaine par exemple. Le second texte lève les interdictions de circulation le dimanche pour les véhicules de transport de marchandises de plus de 7,5 tonnes. 

Mais là encore, la coordination laisse à désirer. Les règles diffèrent entre voisins. En témoigne la liste des différentes mesures de levées de restriction de circulation des Etats membres, consultable ici.  La fédération patronale du transport routier européenne (UETR) demande leur harmonisation à l’échelle communautaire.

La Commission souhaite enfin que soit accordé un sursis aux travailleurs, dont le certificat d’aptitude professionnel a expiré. Il devra être considéré comme temporairement valable pendant «une période raisonnable au-delà de leur date d'expiration». Sans préciser ce que recouvre la période raisonnable.