Transport: le retour à l’ordre public

Le 18 avril 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Nationaliser les autoroutes? Certains y pensent.
Nationaliser les autoroutes? Certains y pensent.

Bon nombre de candidats s’opposent à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et proposent de nationaliser la SNCF et les sociétés autoroutières. Le gazole est devenu le carburant non grata.

Apôtre de l’exploration spatiale, Jacques Cheminade sait retrouver la terre ferme lorsqu’il s’agit de parler transport. Le candidat franco-argentin a, en la matière, de grandes ambitions. Côté train, c’est la grande vitesse qui l’emporte. En attendant l’arrivée en gares françaises des trains à sustentation magnétique, le leader de Solidarité et progrès veut relancer l’aérotrain, concurrent malheureux du TGV. Opposant au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), le pro de la présidentielle (c’est son 4e essai) veut aussi moderniser les ports maritimes, développer le transport par voie d’eau et nationaliser les autoroutes. Côté transport individuel, la solution Cheminade passe par la voiture à pile à combustible, alimentée par de l’hydrogène pur.

Changer 10 millions de voitures

Comme son concurrent Cheminade, Marine Le Pen se voit bien au volant d’une bagnole à hydrogène. Mais pour ne pas trop froisser les automobilistes, elle se prononce en faveur du maintien de l’avantage fiscal au gazole par rapport à l’essence.

Ce n’est pas le cas de Nicolas Dupont-Aignan. Il entend inciter les Français à remplacer 10 millions de véhicules polluants en modifiant le barème du bonus/malus. Pro-voiture (il reviendra sur la piétonisation des voies sur berge parisiennes), le patron de Debout la France imagine réduire les congestions du trafic urbain grâce à l’apport des technologies numériques. Ce qui n’interdit pas le déploiement rapide de bornes de recharge pour les véhicules électriques. Hostile à la construction de NDDL, Nicolas Dupont-Aignan veut aussi pousser les intercommunalités à investir dans les transports publics propres. La nation, elle, devra investir dans la modernisation des ports maritimes et des voies fluviales. Et, accessoirement, dédommager les actionnaires des sociétés autoroutières, nouvellement nationalisées.

Réduire l’empreinte carbone

Contrairement à ce que préconise le député PS Jean-Paul Chanteguet, Benoît Hamon ne prévoit pas de nationaliser les autoroutes. Le candidat socialiste veut juste mettre fin à l’avantage fiscal du gazole, (re)mettre en œuvre l’écotaxe poids lourds et maintenir les gares sur les lignes d’équilibre.

Faute, peut-être, de ne pas (encore) avoir assisté à un transport de justice, François Fillon a peu réfléchi à la modalité. Les trois principales propositions du candidat LR: construire NDDL, donner aux régions tous les attributs de l’autorité organisatrice de transport et réduire l’avantage fiscal dont bénéficie le gazole. Modeste.

Ce n’est évidemment pas le cas de Jean-Luc Mélenchon. Le champion de la France insoumise veut réduire l’empreinte carbone de nos transports. En commençant par développer le ferroutage et le transport fluvial et maritime de fret. Les camions seront taxés (via une taxe carbone). Les lignes d’autocar concurrentes de lignes régionales de chemin de fer seront supprimées. Chômeurs et mineurs bénéficieront de la gratuité des transports publics. L’homme aux hologrammes donnera enfin un coup d’arrêt à NDDL.

Curieusement, le fondateur d’En Marche! ne dit mot sur la mobilité douce. C’est tout juste s’il promet la fin, en 5 ans, de l’avantage fiscal du gazole et le lancement en début de mandat d’une prime pour le remplacement d’un vieux véhicule par un neuf moins polluant.

Densifier le réseau cyclable

Philippe Poutou est le seul à s’intéresser au vélo. Le maillot jaune du Nouveau Parti Anticapitaliste veut densifier le réseau français de pistes cyclables. Le candidat-ouvrier propose aussi la gratuité de tous les transports publics. En rapprochant les lieux de travail des lieux de vie, le successeur d’Olivier Besancenot espère réduire l’usage de la voiture. Une voiture qu’il connaît bien comme travailleur chez Ford. Raison sans doute pour laquelle il aspire à un durcissement des normes de rejet de particules fines des véhicules individuels.

Contrairement à l’énergie, François Asselineau ne demande rien aux Français. Président, le leader de l’Union populaire républicaine (UPR) nationalisera la SNCF et les sociétés autoroutières. Société publique, la SNCF devra lancer un grand plan en faveur du train à moyenne vitesse. A combiner avec deux autres grands plans, l’un dédié aux transports publics, l’autre aux modes de transport doux.

 



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