Transport: biocarburants, électricité et covoiturage

Le 11 avril 2018 par Marine Jobert
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Les biocarburants, un carburant discuté.
Les biocarburants, un carburant discuté.
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Comment se déplacer plus demain, tout en consommant et en émettant moins? En misant sur l’électrique, les biocarburants, l’efficacité énergétique, le covoiturage, le télétravail et le vélo.

A quoi ressembleront les transports de 2050 ? Dans le cadre de la discussion sur la PPE et alors que la loi sur les mobilités s’annoncent au Parlement, la direction générale du climat (DGEC) s’est essayée à un délicat exercice de prospective, pour marier engagements climatiques, impératifs économiques du secteur, changements technologiques et habitudes sociétales. L’objectif est clair: avec une consommation d’énergie fossile en 2015 de 50 Mtep (dont l’aérien et le maritime international) et des émissions à 133 MtCO2 en 2015 (hors soutes internationales), l’objectif de neutralité carbone implique une décarbonation en profondeur du secteur. Sans compter l’impératif d’efficacité et de sobriété énergétiques pour alléger les tensions sur les biocarburants.

L’enjeu est de taille, car demain sera mobile: + 30% de voyageurs, + 40% de trafic marchandises, selon la direction générale du climat (DGEC). Des projections discutées, comme le montre ce tableau.

L’électricité et les biocarburants seront les deux mamelles des transports, avec du biogaz en sus pour les poids-lourds. Electrification massive des voitures. Développement du GNV pour les poids-lourds (50%), à côté des biocarburants (20%) et d’une motorisation électrique (30%). Développement des bus et cars électriques pour les distances inférieures à 100 km. Passage au tout électrique pour les deux roues. Biocarburants en remplacement des fossiles pour le ferroviaire et électrification limitée du réseau. 100% de propulsion électrique –voire à hydrogène- pour le transport de passagers en fluvial. Biocarburants pour le transport de marchandises. Et, last but not least, 50% de kérosène fossile et 50% de biocarburants pour les avions à horizon 2050, tout comme pour le transport maritime.

Et l’hydrogène, alors?  Prometteur à long terme, mais pas avant. Les problématiques liées à ce type de motorisation sont très similaires à celles du véhicule électrique, note la DGEC. Un transfert de l’électricité vers l’hydrogène reste donc envisageable.

Les avions accrocs aux biocarburants

La performance énergétique des véhicules croît de manière spectaculaire: 68% de gains pour les véhicules particuliers thermiques, 50% pour les électriques et 40 % pour les poids lourds thermiques. Rien de tel pour le maritime, le fluvial et l’aérien, qui voient leurs consommations énergétiques inchangées par rapport à 2015, voire en croissance pour les avions, ce qui suppose que l’efficacité énergétique compense la hausse du trafic dans ces secteurs. Dans l’aérien, l’hypothèse de gain d’efficacité énergétique est de moins 1,50 %/an.

 

Vélo et transports en commun

Emettre moins de GES peut aussi passer par ne pas émettre du tout (ou presque). En faisant du vélo, par exemple. Sa part modale (en nombre de déplacements) pourrait passer de 3 à 12% dès 2030 et à 15% en 2050. Comment? Les recettes sont connues: meilleur partage de la voirie, obligation pour les villes au-delà d’un certain seuil d’habitants de créer des itinéraires continus et sécurisés, développement du stationnement vélo sécurisé et lutte contre le vol, accompagnement du développement des offres de «free floating», indemnité kilométrique vélo. Les transports collectifs sont aussi une option appréciable, qui pourrait s’accompagner à l’horizon 2050 d’une hausse des places-kilomètres offertes de 60% pour les réseaux de transports urbains et de 30% pour les TER. Le déploiement de dispositifs d’aide financière sur les territoires en difficulté, une meilleure couverture de l’ensemble du territoire par des autorités organisatrices de la mobilité ou le développement des conseils et des plateformes de mobilité représentent aussi des voies d’avenir. Et pour ceux qui prendraient tout de même le volant, gare aux péages urbains, qui semblent prendre pied avec force dans le débat politique.

La composante carbone de la TICPE, demandez la courbe! Jusqu’en 2022, elle monte à 86,2€/tCO2, pour monter à 225€/tCO2 en 2030 puis 400 €/tCO2 en 2040 et 600 €/tCO2 en 2050. En 2021 débutera le système Corsia dans l’aérien sur les vols internationaux. Les taux réduits pour le transport routier de marchandises et de voyageurs et les taxis sont supprimés à compter de 2030, ce qui nécessitera de rechercher une harmonisation des taux au niveau européen, via des mesures d’accompagnement.

 

Vive le télétravail!

En 2050, ils seront en moyenne 10% à télétravailler, à domicile ou dans des tiers-lieux. Le renforcement des plans de mobilité (PDM), avec un volet obligatoire sur la réduction des déplacements contraints, facilitera son développement. Quant aux causes des déplacements pendulaires, la lutte contre l’étalement urbain n’est pas oubliée –sans être développée-, qui devrait permettre une réduction des distances parcourues en voiture de 3% à horizon 2050 par rapport à un scénario tendanciel.

Le covoiturage en force

Ceux qui opteront tout de même pour la voiture seront à l’avenir plus nombreux dans l’habitacle (1,9 pers./véhicule en moyenne au lieu de 1,75 personnes aujourd’hui) et s’adonneront bien plus au covoiturage. Plusieurs mesures pourront accompagner l’essor du covoiturage et des autres mobilités partagées sur les courtes distances: élargissement des compétences en matière de covoiturage aux autorités organisatrices de transport (AOT), mise en place d’une plateforme commune pour toutes les applications de covoiturage, voies réservées, nouvelle notion de partage des frais plus incitative pour les conducteurs. Autant de mesures déjà en cours d’expérimentation aujourd’hui.

 

 

 



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