Transport aérien: 6 mois pour bâtir une stratégie nationale

Le 21 mars 2018 par Marine Jobert
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Les conclusions des Assises de l'aérien attendues pour septembre..
Les conclusions des Assises de l'aérien attendues pour septembre..
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Les Assises du transport aérien ambitionnent d’accoucher d’une stratégie qui rendra ce secteur en pleine ascension plus vertueux au plan environnemental, plus compétitif au niveau mondial et plus ambitieux au plan technologique.

Bâtir une stratégie nationale pour l’aérien. Avec ses 320.000 emplois directs, ses 120 aéroports métropolitains, ses 150 millions de passagers transportés et ses 4,3% de contribution au PIB, le secteur aéronautique français ne se porte pas si mal. Certes, les compagnies nationales ont perdu du terrain auprès des voyageurs français (-20% en 20 ans) et en moyenne, les passagers sont moins rentables. Certes, la vingtaine de taxes appliquées aux compagnies aériennes entament sérieusement leur marge. Certes, le kérosène n’a plus autant bonne presse à l’heure de la lutte contre les changements climatiques. Mais quand les perspectives de développement de l’avion dans le monde sont si florissantes -multiplication par deux dans les 20 prochaines années- les raisons de se réjouir existent.

Comme à chaque chantier de ce type, les citoyens sont appelés à s’exprimer sur une plateforme dédiée.

CO2 sous surveillance

C’est donc une Elisabeth Borne offensive qui a inauguré les Assises du transport aérien ce 20 mars, en énonçant les pistes que la stratégie nationale à venir devrait suivre. Au plan environnemental, ce sont bien évidemment les émissions de CO2 unitaires qui préoccupent. Certes, elles ont baissé en moyenne de 1,9% par an. C’est bien, mais pas suffisant, notamment «pour améliorer l’acceptabilité sociétale du développement du transport aérien» et alors que le programme de compensation et de réduction de carbone pour l’aviation internationale (Corsia) débutera, en phase pilote, en 2021.

Les avions qui volent à l’électricité, ce n’est pas pour tout de suite, mais il faut préparer les technologies qui permettront de briser avec les énergies fossiles. En commençant par une hybridation de la propulsion, avec un turboréacteur classique combiné à des batteries ou à une pile à combustible alimentée, par exemple, à l'hydrogène. «Je sais que nos industriels s’engagent dans cette voie», les a encouragés Elisabeth Borne.
 
Les biocarburants à l’honneur

L’Etat a mis de l’argent sur la table pour que ses industries, réunies depuis une décennie dans le Conseil pour la recherche de l’aéronautique civile (le CoRAC), proposent des solutions technologiques. Il y consacrera 135 millions d’euros de financement par an pour les 5 prochaines années. Notamment au profit des biocarburants, pierres angulaires de cette réduction des émissions de CO2: «Il faut quantifier les ressources mobilisables, les besoins, et inventer des solutions logistiques pour l’approvisionnement des aéroports. L’Etat sera aux côtés des industriels et soutiendra la structuration d’une véritable filière», a promis la ministre des transports.

Externalités des grandes infrastructures

Le bruit et l’insonorisation des logements seront aussi au menu des ateliers prévus jusqu’à l’été, alors que l’Acnusa[1] s’apprête à changer de président. La ministre souhaite que soient étudiées les conditions de mise en œuvre d’un droit de délaissement des habitations situées à proximité des aéroports, une des mesures «nécessaires à un développement équilibré et acceptable du trafic». L’amélioration de la qualité de l’air n’a pas été citée par la ministre dans son discours d’ouverture. Autre piste à creuser, a-t-elle insisté: que les externalités induites par la construction de très grandes infrastructures soient prises en compte dans les bilans environnementaux, à l’heure des comparaisons avec les autres modes de transports.

                                                                                                                     


[1] Acnusa: Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires

 



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