Transition énergétique: les ONG donnent de la voix

Le 19 février 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Un débat trop peu visible.
Un débat trop peu visible.

Les représentants d’une trentaine d’associations ont critiqué le déroulement actuel du débat sur la transition énergétique. Sans oublier de faire quelques propositions.

Qu’ils y participent ou non, les militants associatifs s’inquiètent de la tournure prise, selon eux, par le débat sur la transition énergétique.

Mardi 19 février, au cours d’une conférence de presse, les représentants d’une trentaine d’associations ont donné de la voix. Dans le bataillon des critiques, Morgane Créach, directrice du réseau Action-climat (RAC), craint, tout simplement, que le gouvernement ne tienne pas «sa promesse d’engager la France dans la transition énergétique».

Et la Morlaisienne de pointer les incohérences gouvernementales: «D’un côté, on organise un débat sur la transition énergétique. De l’autre, on multiplie les décisions qui vont à l’encontre de cette transition, comme la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l’aide donnée au secteur du nucléaire par la BPI, le plan compétitivité du transport aérien. Sans oublier une attitude ambiguë à propos des gaz de schiste». «On ne peut pas déclarer lutter contre l’artificialisation des sols et construire des aéroports et des autoroutes», enchérit Bruno Genty, président de France Nature Environnement (FNE).

La patronne du RAC dénonce aussi l’élaboration, hors débat, de stratégies dont l’application aura des retombées sur nos consommations: plan de rénovation de l’habitat, fiscalité écologique, révision du schéma national des infrastructures de transport. Sans se soucier de la rigueur imposée aux ministères par les lettres de cadrage récemment envoyées par Matignon, les ONG exigent qu’une plus grande visibilité soit donnée au débat national. «Qui, à part nous, est au courant de l’organisation d’une réflexion sur la transition énergétique?», s’interroge Bruno Genty.

Ne participant pas au processus officiel, Greenpeace n’entend pas y rester totalement étranger. D’autant que certaines idées déplaisent fortement à la branche française de la multinationale de l’écologie. «Bon nombre de scénarios qui sont actuellement à l’étude dans le cadre du débat, soit ne permettent pas à la France de tenir ses engagements internationaux, soit ne tiennent pas compte des promesses de François Hollande, notamment celle concernant la réduction du parc nucléaire», rappelle Jean-François Julliard, directeur général.

Critiques, les ONG se voulaient aussi constructives, ce matin. Pour financer ladite transition, Matthieu Orphelin, de la Fondation Nicolas Hulot, avance deux idées. «Il faudra que l’activité de la banque publique d’investissement soit, en partie, consacrée au financement des filières d’énergies renouvelables et aux éco-filières. Mais nous devons aussi réfléchir à la construction d’un outil qui nous permette de régler la note des futures infrastructures et du plan de rénovation du bâtiment.» Un outil qui ressemble trait pour trait au projet de banque proposé, lundi 18 février, par le plan Bâtiment durable [JDLE].

Pour alimenter ledit débat, les ONG proposent une quinzaine de mesures. Certaines paraissent frappées au coin du bon sens: lancer un «plan Marshall de la formation aux compétences de la transition énergétique», imposer la sobriété énergétique comme critère de choix dans les achats publics. D’autres méritent d’être rangées dans le tiroir des vœux pieux: obligation de rénover (au niveau BBC) les logements anciens, fin des investissements dans le transport routier. Les dernières relèvent plutôt de l’incantation: suppression du chauffage au fioul, adoption de la sortie du nucléaire.



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