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Transition énergétique: les limites du débat

Le 18 janvier 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
Vice-président EELV du Conseil régional d'IDF, Hélène Gassin est la tête pensante de la stratégie énergétique régionale.
Vice-président EELV du Conseil régional d'IDF, Hélène Gassin est la tête pensante de la stratégie énergétique régionale.

L’Ile-de-France organisait, aujourd’hui 18 janvier, la première conférence régionale sur la transition énergétique. Un exercice louable mais qui n’est pas sans risque. Compte rendu.

Alors que le gouvernement n’en finit pas de complexifier l’organisation de son débat national, le coup d’envoi des concertations territoriales a été donné, aujourd’hui, à Paris. Dans son hémicycle, le conseil régional d’Ile-de-France a tenu la première conférence régionale sur la transition; événement auquel assistaient plus de 400 personnes.

Au programme, tout d’abord, un rappel des données du problème, par Jean-Paul Huchon : la feuille de route régionale est jalonnée par les 3x20% du paquet Energie-climat européen, par les objectifs de la Conférence environnementale et par le Facteur 4 (la division par 4 des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050).

Le préfet de région, Jean Daubigny a souligné que la stratégie énergétique francilienne devrait porter en priorité sur l’efficacité et la sobriété énergétique, sur la décarbonisation des énergies et la diversification du mix énergétique. Le tout étant déjà largement consigné dans le tout nouveau schéma régional de l’air, du climat et de l’énergie (SRCAE), lequel affiche ses 450 pages sur la balance.

Secrétaire général du débat national, Thierry Wahl a rappelé que la transition n’était pas seulement un enjeu énergétique et environnemental. «Les enjeux sont aussi social (avec la précarité), sanitaire (pour les effets des pollutions atmosphériques), de compétitivité (le montant de la facture énergétique s’est élevé à plus de 60 milliards l’an passé) et industriels», a rappelé le haut fonctionnaire. Encore en rodage, le dispositif national (qui s’est enrichi d’un comité de citoyens et d’un groupe de liaison avec les collectivités locales) doit accoucher d’un projet de loi de programmation, au début de l’automne. «Car la loi de programmation est un texte de droit dur, contrairement aux lois-cadres», a-t-il commenté.

Tête pensante de la stratégie francilienne, Hélène Gassin a rapidement présenté l’effort de concertation régional. D’ici le printemps, l’exécutif régional organisera trois colloques. A charge pour les collectivités locales de décentraliser les leurs. «Ce n’est pas à la région de se substituer aux territoires», a justifié la vice-présidente (Europe Ecologie-les Verts) du conseil régional. Voilà pour le contexte.

Les travaux ont été plus laborieux. S’appuyant sur les données du SRCAE, Paul Cassin (du conseil régional) et Vincent Le Biez (DRIEE) ont montré que seul un effort considérable sur la rénovation thermique du bâtiment permettrait d’atteindre les objectifs fixés. «En gros, les trois quarts de l’effort devront porter sur le bâtiment», résume Vincent Le Biez. «D’où notre volonté, explique Patricia Correze-Lenee, directrice de l’environnement à la région, de rénover, en 2020, 125.000 logements par an, contre 45.000 aujourd’hui.»

Reste à savoir comment financer pareil programme. Une question qui était au cœur de l’un des quatre ateliers de travail qui ont suivi la séance plénière.

Cette session, a d’emblée prévenu Patricia Correze-Lenee, avait pour vocation de collecter des idées, elles-mêmes destinées à alimenter le débat national. Et c’est précisément là que le bât a blessé. Une vingtaine de minutes durant, la cinquantaine d’experts, associatifs, entrepreneurs et simples citoyens ont dû phosphorer sur des sujets aussi difficiles que les subventions, les outils financiers, le rôle des acteurs publics dans l’innovation financière. Sans oublier la fiscalité nationale et locale. Pas simple. Et les résultats s’en sont ressentis.

Le représentant d’un syndicat intercommunal a plaidé pour la stabilité des tarifs d’achat d’électricité d’origine renouvelable. Ce qui ne sera pas facile si la Cour européenne de justice les classe prochainement, comme c’est probable, comme des aides d’Etat. Un membre d’un syndicat professionnel du bâtiment a fustigé la concurrence déloyale des grands énergéticiens sur le marché des certificats d’économie d’énergie. Deux associatifs ont souligné le manque de compétences des professionnels du bâtiment, notamment dans les TPE.

Puis est venue la salve tirée par certaines «parties prenantes». Un lobbyiste de l’industrie chimique a appelé l’assemblée à ne pas proposer de mesures dégradant la compétitivité des entreprises «qui ont leur rôle à jouer dans la transition énergétique».

Son «compère» d’EDF a plaidé pour un calibrage des aides publiques aux opérations de rénovation thermique potentiellement les plus rentables, soit 4 millions de logements seulement. Un cadre d’ERDF (la filiale distribution d’EDF) a posé la question du financement des nouvelles infrastructures de réseau, qui ne manqueront pas de se développer à mesure que les besoins, la population et les installations de production augmenteront. Une question reprise à leur compte par des représentants de GRTGaz (la filiale transport de GDF Suez) et de RTE (filiale transport d’EDF). Fermez le ban.

Qu’en conclure? Peut-être que le sujet de la transition énergétique (et a fortiori de son financement) est trop vaste, trop complexe pour pouvoir être ainsi traité. Faute de quoi, sous couvert de concertation du public et de démocratie participative (toujours louables), on risque de ne voir sortir que les argumentaires que les énergéticiens ne manqueront pas de ressasser dans toutes les enceintes au cours des prochaines semaines. Des feuilles de route qui pourraient ne pas correspondre tout à fait à celle imaginée par les promoteurs de la transition énergétique. La vraie.



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