Transition énergétique: le PIB mène à tout

Le 13 octobre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Pierre Moscovici, vous le préférez avec ou sans lunettes ?
Pierre Moscovici, vous le préférez avec ou sans lunettes ?
VLDT

En partant d'une critique du PIB, des économistes, un politique et un entrepreneur revisitent le financemenet de la transition énergétique.

Pour sa première édition, le salon parisien World Efficiency a su mobiliser sur des thématiques fondamentales mais ardues, ce mardi 13 octobre. Un exemple: le débat sur la décarbonisation du PIB. Portant sur un sujet ô combien aride, le séminaire a intéressé plusieurs centaines d’auditeurs venus entendre s’affronter partisans et opposants à la réforme du plus classique des indicateurs économiques. L’histoire dira qui ranger parmi les modernes et les anciens.

la charge du jésuite

D’entrée de jeu, Gaël Giraud a sonné la charge. A coup de sobres graphiques, l’économiste en chef de l’Agence française du développement (AFD) a rappelé une évidence trop souvent oubliée par les économistes: «Ni les prix du pétrole, ni ceux du dollar ne sont des prix d’équilibre sur un marché. Ce sont deux fondamentaux de l’économie de la planète qui s’effondrent», tranche l’économiste-jésuite.

quid de l'énergie?

Michael Kümhof a enfoncé le clou. Pour l’économiste de la Banque d’Angleterre, la grande faiblesse du PIB est bien qu’il évalue mal la croissance. Notamment parce qu’il ne tient pas compte du fait qu’une bonne part (entre 50 et 60%) de cette croissance est simplement produite par la consommation d’énergie.

Un indicateur pourtant robuste

Le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires ne pouvait décemment pas totalement adhérer à ces thèses encore iconoclastes chez les économistes néo-classiques: «Le PIB est un indicateur robuste», rappelle-t-il. Ce qui ne l’a pas empêché de botter en touche, l’influence de la coupe du monde de rugby, sans aucun doute. «L’Union européenne a montré qu’il n’y avait pas de contradiction entre la décarbonisation et la croissance. Entre 1990 et 2012, l’Europe a réduit de 19% ses émissions de CO2, tout en accroissant son PIB de 45%», rappelle Pierre Moscovici. La transition énergétique étant une œuvre de longue haleine, le vrai problème, martèle l’ancien ministre français de l’économie, est «de donner une longue certitude aux investisseurs».

trouver la croissance sobre

Autre citoyen d’ovalie, Geoffroy Roux de Bézieux prend la balle au bond. Pour le numéro 2 du Medef, le sujet n’est pas tant l’efficacité du PIB que les moyens à trouver pour que les entreprises puissent (re)nouer avec «une croissance sobre». Ces moyens, Jean-Marc Jancovici les puiserait bien dans une politique publique. «Le problème que nous devons résoudre, c’est de créer une politique publique qui fonctionne avec ou sans croissance», avance le président du Shift Project. Ce qui n’interdit pas un soupçon de keynésianisme.

Planifier avant de financer

Et à ce jeu, Pierre Moscovici revient de ses 22 mètres. Pour le commissaire européen, le plan Juncker et ses (pseudo) 325 milliards d’investissements est un modèle de politique économique publique, combinant relance, innovation et lutte contre le changement climatique. Gaël Giraud le stoppe d’un placage net. Rien ne sert de financer si l’on n’a rien planifié, explique en substance l’économiste en chef de l’AFD. «La transition énergétique, on sait faire. Le débat national a généré une dizaine de scénarios. Nous devons ouvrir un débat démocratique pour savoir lequel choisir.» Restera le financement.

Pas de système asymétrique

Et là, Moscovici reprend la ballon: taxe sur les transactions financières, soutien accru de la BEI, fiscalité écologique, DTS verts, prix du carbone. Geoffroy Roux de Bézieux s’interpose: «Je suis favorable, à titre personnel, à donner un prix au carbone, mais attention à ce que la France et l’Europe ne créent pas de système asymétrique», soutient l’ancien commando-marine. Rompez.

 



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