Transition énergétique : le Facteur 4 en cours d’enterrement?

Le 25 avril 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Quid des émissions agricoles de GES ?
Quid des émissions agricoles de GES ?

Jeudi 25 avril, au cours d’une session pleinière, François Moisan a présenté un périlleux exposé.

Le directeur de la stratégie de l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) devait synthétiser les scenarii présentés par certaines des plus actives des parties prenantes au débat sur la transition énergétique.

Au total, pas moins de 10 exercices de prospectives ont été soumis aux membres du conseil national du débat sur la transition énergétique par des auteurs aussi variés que la direction générale de l’énergie et du climat, GRDF, l’Ademe, les entreprises et instituts du monde de l’énergie (scénario Ancre), le Cired et des ONG comme Negawatt et Negatep ; cette dernière étant très proche d’EDF et du CEA.

Première constatation : seuls deux scenarii (Ademe et Negawatt) nous mènent au facteur 4 (division par 4 des émissions de gaz à effet de serre) à l’horizon 2050. Ce qui est pourtant l’un des objectifs de la loi Pope de 2005 et accessoirement du DNTE.

L’évolution des consommations d’énergie semble mieux cernée : la plupart des études tablent sur une division par deux d’ici à 2050. En réhabilitant le parc immobilier (30% de bâtiment à énergie positive en 2050), durcissant les normes thermiques, privilégiant l’utilisation de matériels sobres et changeant le comportement des usagers, les consommations du bâtiment pourraient diminuer de 11% à 55% entre 2010 et 2050.

Les estimations sont plus prometteuses pour le transport, mais ce sera au prix fort : densification forte des espaces urbains, gros report modaux pour le fret et le transport de voyageurs, déploiement plus ou moins massif de véhicules propres (pas plus de 2 millions de véhicules électriques en 2030). Tout cela mis bout à bout pourrait abattre de 31% à 66% les consommation de carburants du transport.

En réduisant là aussi leurs besoins de transports, en dopant leur performance énergétique et en réduisant les gaspillages, industrie et agriculture peuvent réduire de 27% à 45% leur appétit de kWh. Dont acte.

Mais ces scenarii sont-ils bien sérieux? Certes, ils nous conduisent vers une relative décarbonisation qui reste insuffisante pour stabiliser les températures. «Aucun scénario ne prend en compte les autres gaz à effet de serre», regrette François Moisan. Or, méthane protoxyde d’azote, HFC, PFC et autre SF6 représentent un bon tiers du forçage anthropique français, nous rappelle le Citepa. Comment réduire leurs émissions ? Pas de réponse.

La plupart des hypothèses de croissance de PIB tournent autour de 1,7%/an. Un rythme de croissance que les gouvernements actuels n’osent même plus imaginer. La division par deux des consommations suppose aussi une baisse de la demande de 1,7% par an : deux fois moins que durant la période de ralentissement économique que nous connaissons actuellement!

Bref, à moins d’une généralisation de technologies lourdes — tel le captage-stockage géologique de CO2 — et de changements radicaux des comportements de nos contemporains et de leurs descendants sur deux générations, le facteur 4 semble en cours d’enterrement.



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