Transition énergétique: et si ça allait plus vite que prévu?

Le 15 juin 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les voitures électriques (ici une Tesla) pourraient injecter environ 10% du courant transporté par les réseaux.
Les voitures électriques (ici une Tesla) pourraient injecter environ 10% du courant transporté par les réseaux.
Tesla

Chute des prix des énergies renouvelables, programmes nationaux d’équipement, multiplication des solutions de stockage d’électricité: l’heure est au verdissement accéléré des parcs de production d’électricité, estiment les experts de Bloomberg New Energy Finance (BNEF), dans leur dernier rapport.

 

Dans son exercice annuel de prospective électrique, publié ce jeudi 15 juin, le consultant pointe une accélération de la transition électrique mondiale. A l’appui de sa démonstration, BNEF conjugue l’évolution des politiques publiques (en Inde et en Chine, notamment), la chute des coûts des sources de production et de stockage d’énergie et les programmes d’investissements des principaux opérateurs.

10.200 milliards de dollars d’investissements

De cette masse de données, la filiale ‘nouvelles énergies’ du groupe d’informations financières Bloomberg tire de nombreux enseignements. La croissance de la demande d’énergie restera soutenue: +2% par an. Soit 58% d’augmentation des consommations entre 2017 et 2040. Pour satisfaire ces nouveaux besoins, les électriciens devront investir 10.200 milliards de dollars (9.145 Md€) dans de nouvelles capacités de production, renouvelables pour 72% d’entre elles. Ces 23 prochaines années, les industriels investiront environ 400 Md$ par an (358,6 Md€) dans les seules énergies éoliennes et solaires. 

Près d’un MW sur deux

Représentant, en 2040, près d’un mégawatt (MW) installé sur deux, ces capacités éoliennes et solaires produiront 34% de l’électricité mondiale. Perspective plus prometteuse que le dernier scénario tendanciel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui tablait sur un productible de 29%.

La baisse annoncée des coûts de l’éolien et surtout du solaire[1] vont bouleverser l’organisation du secteur électrique. Les centrales photovoltaïques de toiture fourniront 24% des électrons australiens, 20% des brésiliens, 15% des allemands, 12% des japonais et 5% des américains et des chinois. Avec la dégringolade du prix de leur batterie (-73% entre 2017 et 2040), les véhicules électriques deviendront des parties intégrantes de la gestion des réseaux d’électricité, en fournissant, en moyenne, une dizaine de pourcents du courant véhiculé par les réseaux américains ou européens.

Beaucoup moins de charbon

Renouvelables et véhicules électriques vont torpiller la rentabilité des centrales au charbon. BNEF estime que seuls 35% des projets de centrales au charbon verront le jour: «Cela signifie que 369 gigawatts (GW) de capacités seront annulées et que la demande de charbon sera, en 2040, inférieure de 15% à celle de 2016.»

Sans surprise, ce sont les grands pays asiatiques qui seront les locomotives (électriques) de cette transformation. A elles seules, Inde et Chine vont investir 4.000 Md$ (3.586 Md€) dans leur système électrique: le tiers de cette manne ira à l’éolien et au photovoltaïque. Durant la même période, l’Europe leur consacrera un bon millier de milliard de dollars: 30% de moins que les deux géants asiatiques.



[1] Selon BNEF, le coût de l’électricité éolienne devrait chuter de 71% d’ici à 2040, contre 66% pour le photovoltaïque.

 



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