Transition énergétique cherche (toujours) feuille de route

Le 14 avril 2016 par Marine Jobert
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Ségolène Royal, lors des débats sur la transition énergétique.
Ségolène Royal, lors des débats sur la transition énergétique.
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La transition énergétique, c’est par où? Le gouvernement n’a toujours pas publié le document dans lequel il exposera, notamment, comment il compte passer de 77% à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité ou favoriser l’efficacité énergétique. Colère des associations, qui doivent se contenter de quelques annonces sur les renouvelables. A 10 jours de la Conférence environnementale, Ségolène Royal assure que la feuille de route sera rendue publique avant le 1er juillet.

Face à la colère et la stupeur des associations environnementales, Ségolène Royal tente d’éteindre l’incendie. Car hier, mercredi 13 avril, en lieu et place de l’annonce de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) -attendue depuis décembre 2015, puis en mars-, la ministre de l’environnement et de l’énergie s’est contentée de demander au Conseil supérieur de l’énergie d’examiner un arrêté relatif à la programmation des capacités de production d’énergie renouvelable. «Cela permet de motiver les filières industrielles […] et de donner une place claire à tous les appels à projets que je vais lancer», déclarait alors la ministre. Exit, donc, la patate chaude de la réduction de la part du nucléaire à 50% du mix énergétique à l’horizon 2025.

Une PPE forte et ambitieuse

Ce découplage des énergies renouvelables et du nucléaire, «est-ce le moment de vérité?», s’est interrogée Maryse Arditi, de France Nature Environnement, lors d’une conférence de presse organisée jeudi 14 avril par le collectif ‘Les acteurs en transition énergétique’. Les quelque 200 organisations demandent simplement au gouvernement d’appliquer la loi sur la transition énergétique et d’annoncer enfin une PPE «forte et ambitieuse, y compris sur les renouvelables», selon les mots de Patrick Decostre, vice-président de France Energie éolienne. «Avoir un scénario énergétique, c’est le début de tout pour définir une politique, a martelé Thierry Salomon, de Négawatt. Tout cela ressemble plus à une sortie de route avec un freinage en urgence, sans compter le retard qu’est en train de prendre la France.»

«Cet arrêté sur les capacités de production d’énergie renouvelable arrive comme un cheveu sur la soupe. On discute de la possibilité d’engager un recours», annonce Anne Bringault, du Réseau Action Climat. «L’Etat est actionnaire à 84% d’EDF. Face à l’effondrement économique du nucléaire, le gouvernement est comme un lapin dans les phares, incapable de décider quoi que ce soit», constate Maryse Arditi.

Rendez-vous en juillet

A 10 jours de la tenue de la Conférence environnementale, les 25 et 26 avril prochains, certains font mine de s’interroger sur leur participation. «Nous demandons deux choses. D’abord que François Hollande acte, sur la base de l’étude du Commissariat général à l’environnement et au développement durable rendue récemment, que le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes est caduc. Ensuite que la PPE soit publiée avant l’été», détaille Anne Bringault. Message reçu par l’Hôtel de Roquelaure: Ségolène Royal a assuré dans l’après-midi que le gouvernement publiera sa feuille de route sur le nucléaire «au plus tard le 1er juillet et donnera une fourchette du nombre de réacteurs à fermer, en fonction de différents scénarios».

 



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