Transition énergétique: adaptation pour tous les éoliens

Le 17 septembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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FEE milite pour que ses membres puissent construire des éoliennes en bord de mer.
FEE milite pour que ses membres puissent construire des éoliennes en bord de mer.

Nul n’est sensé ignorer la loi, dit l’adage. Mais chacun veut l’adapter à ses usages, répond le politique. Exemple: le projet de loi sur la transition énergétique pour la croissance verte. Ces deux derniers jours, deux lobbies des énergies renouvelables ont présenté leurs recommandations pour améliorer le texte. Premier à ouvrir le bal: le Syndicat des énergies renouvelables (SER). Mardi 16 septembre, son président Jean-Louis Bal s’est montré globalement satisfait du texte présenté par le gouvernement.

Ce qui n’a pas empêché l’ancien dirigeant de l’Ademe de présenter 30 mesures de simplification administrative. Malgré les améliorations apportées par la loi Brottes (suppression de la règle des 5 mâts et de la zone de développement éolien) «les projets éoliens, a-t-il rappelé, sont toujours développé en 7 à 8 ans, contre 2 à 3 ans, en Allemagne». Dans cet inventaire à la Prévert, on trouve la généralisation du permis unique, la limitation des délais de recours juridique ou l’amélioration des conditions de raccordement au réseau. Le SER propose aussi de mettre fin à l’incompatibilité entre le Code de l’environnement et la loi Littoral «qui rend la construction d’éolienne impossible dans les 885 communes littorales du territoire métropolitain».

FEE vient après le SER

Une petite journée plus tard, c’était au tour de France Energie éolienne (FEE), syndicat des professionnels de l’éolien désormais séparé du SER, de publier ses préconisations. Hasard ou véritable complémentarité, FEE voulait surtout montrer la nécessité de réformer les règles encadrant le marché de l’électricité pour favoriser l’énergie du vent. «Ce marché a été créé il y a 40 ans avec les outils d’alors. Si on veut davantage de flexibilité de la demande et de la production, il faut un nouveau système», a résumé Sonia Lioret, déléguée générale.

Cette réforme passe par de petites et grandes mesures. Toutes n’étant d’ailleurs pas du ressort du Parlement français. Dans le premier chapitre, l’amélioration de la transparence de la planification des gestionnaires de réseaux de distribution. Et la possibilité, pour les promoteurs de parcs éoliens, de choisir leur fournisseur. «Jusqu’à présent, le prestataire nous est imposé par ERDF. Or nous souhaiterions faire jouer la concurrence pour faire baisser des prix qui sont appelés à croître, avec l’inflation de puissance des machines», explique Patrick Decostre, de la société Boralex.

Flexibilité et souplesse

Pour réduire les délais de raccordement, FEE souhaite également que la Commission de régulation de l’énergie (CRE) contrôle les prix et les délais de raccordement. Côté marché, les pro-éolien suggèrent notamment une révision des règles d’ajustement. En gros, des pénalités moins fortes pour les producteurs éoliens qui injecteraient moins de courant qu’annoncé (source de déséquilibre du réseau) et la possibilité pour deux exploitants d’ajuster leur production de gré à gré, pour assurer une liquidité du marché.

Favorable au système de «complément de rémunération», prévu par le projet Royal, FEE propose que ce premium soit variable en fonction de l’évolution des prix du marché. En cas de petits prix sur le marché spot, le complément versé au producteur serait plus élevé et vice-versa. Par ailleurs, le lobby se dit favorable à un abandon à terme de la priorité donnée à l’électron éolien sur le réseau. La généralisation des compteurs communicants (Linky) est très attendue. Car elle permettra, espère Dominique Darne, «d’inciter les consommateurs à choisir de l’électricité verte». à condition, bien sûr, que les électriciens et les commercialisateurs leur proposent ce type d’offres.

Last but not least, FEE milite pour un financement, à terme, des soutiens à l’éolien par le marché du carbone. Ce qui nécessitera une réforme structurelle du système européen d’échanges de quotas. Un sujet qui relève, celui-là, de la Commission et du Parlement européens.



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