Transition agricole: mode d’emploi

Le 03 mai 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le volet agricole du Grand emprunt d'Emmanuel Macron représente 5 milliards d'euros.
Le volet agricole du Grand emprunt d'Emmanuel Macron représente 5 milliards d'euros.
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Le ministre de l’agriculture a présenté les orientations du volet agricole du Grand plan d’investissement, ainsi que le nouveau dispositif de soutien à l’agriculture biologique.

Le monde agricole français est désormais divisé en deux. Côté clair, ceux qui vont profiter des réformes du budget européen et du Grand plan d’investissement (GPI). Côté sombre, les représentants des exploitations qui profitent des largesses de la politique agricole commune (PAC). Ces derniers, FNSEA[1] en tête, fustigent le projet de futur budget européen. Présenté mercredi 2 mai, ce texte, qui devrait encadrer recettes et dépenses de l’UE entre 2021 et 2028, prévoit d’abaisser de 5% les aides à l’agriculture. Dans la foulée de sa présentation, le ministre français de l’agriculture a fustigé «des propositions inacceptables de la Commission européenne».

 

 «Une telle baisse, drastique, massive et aveugle, est simplement inenvisageable. Elle comporte un risque sans précédent sur la viabilité des exploitations en impactant dangereusement les revenus des agriculteurs pour qui les aides directes constituent un filet de sécurité essentiel. La France ne pourra accepter aucune baisse de revenu direct pour les agriculteurs», a claironné Stéphane Travert. 

 

Mais les agriculteurs français perdront-ils autant que ça? Pas sûr. Car peu de temps avant de publier son communiqué, le ministre normand détaillait les mesures du volet agricole du GPI promis par le président de la République. Devant le Conseil supérieur d’orientation de l’économie agricole (CSO), Stéphane Travert a rappelé que, comme prévu, l’agriculture, la pêche, l’agro-alimentaire, la forêt et le bois bénéficieront d’une ligne de crédit de 5 milliards d’ici la fin du quinquennat, sur les 57 milliards levés pour le GPI.

 

Trois axes d’intervention sont prévues: la transformation de l’amont agricole et forestier (2,8 Md€), l’amélioration de la compétitivité de l’aval agricole et forestier (1,7 Md€) et l’innovation et la structuration des filières (0,5 Md€). Entre 2018 et 2022, les agriculteurs bénéficieront d’un coup de pouce annuel d’un milliard d’euros supplémentaires: le double des 500 M€ que la Commission pourrait rogner chaque année sur le budget français d’exécution de la PAC.

 

Axe

Actions

Montant total (Md€)

Outils

Détail (Md€)

transformation de l’amont agricole et forestier

Soutien aux investissements dans les entreprises agricoles

1,3

Fonds de garantie

Subvention aux investissements matériels

0,8

 

0,5

 

Soutien au changement des politiques

1,3

Aide à la conversion bio

MAEC  transformantes

0,8

 

0,54

 

Soutien à la méthanisation

0,1

Fonds de prêts à la méthanisation

0,1

 

Soutien aux investissements en forêt

0,1

Pistes

Amélioration des peuplements

0,1

0,04

amélioration de la compétitivité de l’aval agricole et forestier

Soutien à la montée en gamme agricole

1,6

Fonds de prêts

Fonds propres

Accélérateur PME agroalimentaire

1,4

0,2

0,005

 

Soutien à la modernisation forestière

0,1

Fonds de prêts participatifs pour les investissements innovants

Fonds de prêts aval

0,025

 

 

 

0,1

innovation et structuration des filières

Concours innovation

0,02

PIA3 concours d’innovation

0,02

 

Soutien aux projets d’innovations collaboratives et territoriales

0,4

PIA3 TIGA 

PIA3 démonstrateurs Ademe

PIA3 AAP agriculture et agroalimentaire de demain

0,04

0,05

 

0,2

 

Soutien aux investissements structurants

0,1

AAP filières

fonds Avenir Bio

0,06

0,38

Source : MAA

 

Stéphane Travert a également présenté les grandes lignes du plan Ambition Bio 2022. Ce programme vise à porter à 15% la SAU française cultivée selon les règles de l’agriculture biologique d’ici 2022. A cette même échéance, 20% des produits frais consommés par la restauration collective seront labellisés AB.

 

Pour ce faire, le montant des aides à la conversion devrait atteindre 1,1 Md€ entre 2018 et 2022: 630 M€ sont issus du fonds européen agricole pour le développement rural, 200 M€ du ministère de l’agriculture et l’alimentation (MAA), 150 M€ «d’autres financeurs publics» et 150 M€ pourraient provenir des agences de l’eau. Par ailleurs, le crédit d’impôt bio sera prolongé jusqu’en 2020 et porté de 2.500 à 3.500 €.

 



[1] FNSEA: Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles

 



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