Transformer une décharge en tourbière, c’est possible

Le 31 mai 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le Volgermeerpolder aujourd'hui.
Le Volgermeerpolder aujourd'hui.
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Une équipe de chercheurs néerlandais est parvenue à recréer de la tourbe en accéléré. Une possible solution pour la phyto-remédiation des polluants et du CO2.

Voilà des décennies que les gouvernements britanniques et d’Irlande le clament: la tourbe est une source d’énergie renouvelable. Certes, mais à un rythme millénaire. Pourtant, des chercheurs néerlandais affirment avoir recréé cette matière organique, habituellement constituée de débris végétaux accumulés pendant des siècles.

Décharge toxique

L’histoire commence dans les années 1960. A Broek, petit village proche d’Amsterdam, on a comblé l’ancienne tourbière (massivement exploitée) avec des déchets, ménagers d’abord, puis industriels. S’étendant sur une centaine d’hectares (surface importante aux Pays-Bas), l’installation devient rapidement la plus grande décharge du Royaume. Et pas toujours contrôlée. Le Volgermeerpolder devient le site le plus contaminé du pays, à la dioxine notamment.

Zones humides

Sa décontamination débute à la fin des années 1990. De nombreux futs contenant des produits toxiques sont excavés. La pollution imprègne néanmoins de trop grands volumes de terre pour être totalement enlevée. Décision est alors prise de la piéger. L’ancienne décharge est couverte de terre, puis de géotextile étanche, lui-même recouvert de sable. Cette dernière couche a été ensemencée de végétaux vivant dans les zones humides situées aux alentours de Volgermeerpolder.

Résultats encourageants

Le but de l’équipe, conduite par Sarah Faye Harpenslager est double: redonner au site un aspect naturel et tenter un phyto-piégeage des polluants. Plusieurs années plus tard, les résultats sont encourageants. Dans un article publié dans Ecological Engineering, la chercheure de l’université de Radboud montre que les roseaux communs, massettes, stratiotes et autres sphaignes s’acclimatent. Aucune fuite de polluants n’est à démontrer.

Stocker les polluants et le CO2

Mieux, les premiers signes de reconstitution de la tourbe sont observés. Une fine couche de quelques millimètres a été indirectement repérée, par la différence d’émission de CO2 des sites ensemencés: là où l’activité biologique est la plus importante (et où la tourbe se forme), les rejets de gaz carbonique sont les moins importants.

Encore préliminaires, les résultats tendent à démontrer qu’il est possible de recréer de la tourbe là où elle a été exploitée. Or la tourbière est l’une des meilleures éponges naturelles à dioxyde de carbone qui soit. Et accessoirement de polluants toxiques.

 



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