Traitement mécano-biologique des O.M.: attention, prudence

Le 27 septembre 2011 par Célia Fontaine
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Le Cercle national du recyclage (CNR) a mis en ligne, le 20 septembre dernier, une étude sur le traitement mécano-biologique (TMB) des déchets ménagers. Objectif: clarifier les questions qui se posent, aux collectivités territoriales, autour de ce procédé critiqué, tant sur le plan des techniques de traitement existantes que sur les débouchés, ou les évolutions réglementaires
 
Le TMB des ordures ménagères résiduelles consiste à extraire mécaniquement et biologiquement la part fermentescible des ordures ménagères (OM), afin de produire du compost, du biogaz ou tout simplement de réduire les quantités de déchets mis en décharge ou incinérés, qui sont soumis à la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP).
 
Depuis une dizaine d’années, le nombre d’installations de ce genre a fortement augmenté en Europe depuis que la directive[1] 1999/31 du 26 avril 1999 concernant la mise en décharge des déchets a imposé aux Etats membres de réduire la quantité de déchets biodégradables mis en décharge.
 
En France, le Grenelle a également fortement insisté sur la nécessité de réduire les quantités de déchets destinés à l’enfouissement ou à l’incinération, et d’autre part d’augmenter le recyclage organique. «On dénombre 23 installations de TMB pour une capacité de traitement de 1,1 million de tonnes de déchets en 2009», note l’association en introduction de son étude. Si cette forme de traitement des déchets intéresse de plus en plus de collectivités territoriales (55 sites devraient être créés ou transformés entre 2010 et 2015 pour une capacité d’environ 3,2 Mt), «aujourd’hui, seules 12 unités annoncent produire un compost conforme à la norme», selon l’Ademe. En effet, la matière organique contenue dans les poubelles résiduelles étant contaminée par différents polluants, il est difficile d’obtenir un compost de qualité en récupérant la matière organique à partir d’ordures en mélange.
 
Pour le CNR, il y a encore beaucoup de méprises autour de cette forme de traitement. «Les collectivités locales entendent parler de TMB pour des procédés différents comme le recyclage, le compostage ou la méthanisation». Or il faut entendre par là uniquement «les traitements effectués sur les ordures ménagères résiduelles (OMR) combinant des étapes mécaniques à des étapes biologiques», souligne le rapport.
 
Cette clarification faite, le CNR explique que la filière du TMB apparaît aujourd’hui compromise.
Une collectivité locale s’engageant dans le compostage des OMR doit s’assurer de trouver les bons débouchés pour la réutilisation de ce compost. En effet, une norme[2][ impose aux amendements issus d’OMR de respecter un certain nombre d’exigences pour pouvoir être utilisés en agriculture. Cependant, les critères de qualité imposés vont évoluer prochainement: «Un projet de règlement européen, qui devrait voir le jour en octobre 2012, prévoit que seuls les composts issus de collecte sélective de biodéchets et respectant certains critères de qualité pourraient bénéficier du statut de produit et pourraient être ainsi vendus en tant qu'amendement organique».
 
Cela signifie que les composts issus de TMB sur OMR conserveraient leur statut de déchets, quels que soient les critères de qualité atteints et donc n'auraient comme débouchés que les plans d'épandage.
 
Pour le Centre national indépendant d’information sur les déchets (Cniid), le traitement mécano-biologique ne peut donc pas être considéré comme un moyen efficace et privilégié de produire du compost normé utilisable en agriculture. Il peut seulement être envisagé comme outil de stabilisation des OMR après collecte sélective des biodéchets, des emballages et des déchets dangereux des ménages, notamment pour minimiser l’impact des déchets mis en décharge (neutralisation des émissions de méthane de la matière organique résiduelles et réduction du volume enfoui).
 
C’est pourquoi le CNR préconise aux collectivités de préférer la collecte sélective des déchets organiques pour les territoires où cette solution est techniquement et économiquement réalisable. L’association recommande également d’être très prudent sur les débouchés du compost en tant qu’amendement organique. Il est préférable de privilégier l’atteinte d’un «compost de qualité et normé». Pour cela, il faut utiliser «des équipements adaptés, notamment un tube de pré-fermentation pour réduire les éléments fermentescibles, et des appareils d’affinage pour extraire les indésirables».
 
Il convient également de développer le réseau de déchèteries ou de système de collecte de proximité pour récupérer un maximum d’éléments polluants (solvants, peintures, piles, mercure…) et de mettre en place des collectes sélectives performantes pour les emballages en plastique et en verre afin de retirer en amont un maximum d’indésirables.
 


[1] directive 1999/31 du 26 avril 1999
[2][ norme NFU 44-051


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