Trains: les TET, une réforme à achever

Le 06 février 2019 par Marine Jobert
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Trains de nuit
Trains de nuit
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La Cour des comptes souligne les progrès réalisés depuis 2015 par SNCF Réseau, l’Etat et les régions pour consolider l’assise financière et renouveler le matériel roulant des trains d’équilibre du territoire (TET). Mais les efforts doivent se poursuivre.

 

 

Profus, le millésime 2019 du rapport annuel de la Cour des comptes, s’est intéressé aux trains Intercités. Même s’ils empruntent tour à tour les caractéristiques de l’un ou de l’autre, les TET, constitués d’un ensemble hétérogène de lignes conventionnées de moyenne et longue distance de transport de voyageurs, ne doivent pas être confondus avec les trains express régionaux (TER) ou les grandes lignes. En 2015, déjà, la Cour des comptes s’était penchée à leur chevet, faisant le constat d’un financement non pérenne et d’une gestion sans stratégie, et elle appelait à approfondir les efforts de maîtrise des charges. Elle relevait également les besoins majeurs de financement des matériels pour la décennie à venir et demandait une redéfinition ambitieuse du périmètre, afin de transférer aux régions les lignes se rapprochant des TER. La SNCF y avait répondu de façon volontariste, engageant une profonde refonte du réseau Intercités et un début de renouvellement de son matériel roulant. Alors que l’ouverture du transport de voyageurs à la concurrence se profile, où en est-on sur le front des financements et des matériels roulants?

3% des voyageurs pour le résiduel

18 lignes Intercités ont été transférées à 6 régions, et les participations financières réciproques de celles-ci et de l’Etat à leurs coûts de fonctionnement ont été fixées. Les régions se déclarent pour la plupart satisfaites du résultat de ces négociations, les conditions financières des transferts leur étant de fait globalement favorables et le risque qu’elles assument limité. Le réseau Intercités résiduel, lui, ne comportera plus de 8 lignes à l’horizon 2020 et deviendra ainsi marginal (3% des voyageurs-km annuels, contre 6,5 % aujourd’hui).

3,5 Md€ pour le matériel roulant

En ce qui concerne le matériel roulant, la totalité du matériel aura atteint sa date de fin de vie estimée d’ici 2025. L’ancienneté élevée du parc (son âge moyen était de 36 ans fin 2016) et son hétérogénéité (10 séries à ce jour) pèsent sur la fiabilité du matériel et alourdissent les charges de maintenance. Coût estimé en 2015: 3,5 milliards d’euros, auquel s’ajoute un nécessaire effort de rénovation du réseau ferroviaire emprunté par les trains Intercités, estimé à 2 Md€. Un enjeu crucial, puisque la qualité et la fiabilité de l’offre Intercités sont affectées par la vétusté du matériel roulant, responsable à elle seule d’un tiers des annulations de trains en 2017.

Remise à neuf

Aujourd’hui, 11% des matériels modernes du parc sont affectés à ces lignes. Sur les 30 rames à venir, 21 sont destinées aux lignes transférées aux régions et l’Etat s’est engagé à financer des acquisitions de matériel roulant auprès des régions Hauts-de-France, Normandie et Centre-Val de Loire pour un montant maximal de 1,45 Md€, sans certitude encore sur l’échéancier des remboursements aux régions. L’incertitude est plus forte pour les trois lignes Intercités, les résultats d’un appel d’offres devant être connus courant 2019, et une enveloppe globale de 800 M€ a été définie pour une tranche ferme de 28 rames adaptées aux besoins des lignes longue distance, destinées aux lignes Paris-Clermont et Paris-Toulouse et incluant un centre de maintenance. La Cour des comptes craint une surchauffe courant 2023 pour les finances de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF). En attendant, un programme pour prolonger la durée de vie de certaines rames est lancé, dont les trains de nuit pour 30 M€.

ENCADRE

Le contrat de concession du CDG Express sera signé dans les prochains jours, a annoncé ce 6 février Elisabeth Borne. Tout en reconnaissant dans Le Parisien que «le projet a pâti, sans doute, d’une transparence et d’une concertation insuffisantes», la ministre des transports s’est engagée à ce que la ligne B du RER ne souffre pas des travaux ou de l’exploitation de cette ligne dédiée aux voyageurs et salariés de Roissy. «L’objectif est de mettre en service pour les Jeux olympiques, mais ça ne se fera pas au détriment des transports du quotidien», a répété au moins 5 fois la ministre dans l’entretien.

 



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