Trafic d’espèces sauvages: un crime à l’échelle internationale

Le 25 mai 2016 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Un manteau en Pangolin, qui date de 1820.
Un manteau en Pangolin, qui date de 1820.
DR

Durcir les législations. Renforcer les contrôles dans les ports. Tarir la demande. Voici quelques-unes des recommandations formulées par l’office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC), dans un rapport consacré aux crimes commis contre la faune et la flore sauvages.

Sur tous les continents, ce ne sont pas moins de 7.000 espèces qui font l’objet de trafic. A l’issue d’un travail de près de deux ans, l’UNODC vient de publier une évaluation globale des crimes commis contre la faune et la flore sauvages. Dans le viseur: des groupes criminels transnationaux qui prospèrent sur la corruption et les différences de législation entre Etats. Le chiffre d’affaires annuel des activités illégales et nocives à l’environnement est évalué entre 70 et 213 milliards de dollars (entre 63,2 et 192,3 Md€), estimait un rapport d’Interpol en 2014.

Ce rapport a été mené en collaboration avec le secrétariat de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacés d'extinction (dite ‘convention Cites’), le consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages, l’organisation mondiale des douanes, Interpol, la Banque mondiale, ainsi que l’ONG Traffic.

35.000 référencées par la Cites

L’étude s’est essentiellement appuyée sur les 164.000 saisies référencées sur la base de données World Wise, à laquelle contribuent les 120 pays parties à la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (dite ‘convention Cites’). Mais l’UNODC le déplore d’entrée, la Cites ne protège que 35.000 espèces: des millions d’autres, non couvertes par le droit international, «sont capturées et vendues à travers le monde, notamment en matière de trafic de poisson ou de bois». Sans compter les échanges sur les marchés intérieurs, qui ne sont pas non plus dans le champ de la Cites. Au-delà des problèmes méthodologiques, le fait que des dizaines de pays ne soient pas contraints par la convention a pour conséquence que le commerce d’espèces sauvages n’est pas nécessairement considéré comme une infraction par nombre d’Etats. «La criminalisation de la possession d’espèces sauvages illégalement acquises n’importe où dans le monde serait une étape importante pour déstabiliser ce commerce.»

Les oiseaux proviennent surtout d’Amérique centrale ou du Sud, les mammifères d’Afrique et d’Asie, les reptiles d’Europe et d’Amérique du Nord et les coraux d’Océanie. Qu’ils finissent en habits, en meubles ou en parfum, qu’ils soient mangés ou domestiqués, les animaux n’empruntent pas toujours des circuits détournés. «Des objets illégalement acquis, comme les peaux de serpent, sont surtout vendus dans des réseaux légaux de magasins», a rappelé Yury Fedotov, le directeur général de l’UNODC.

Cibler les ports

L’effort doit porter sur les ports, par lesquels transitent l’essentiel de la marchandise: renforcer les moyens dédiés aux douanes est donc une priorité, estime l’UNDOC. C’est sans compter la corruption, la fraude et la contrefaçon, qui sous-tendent et soutiennent tout l’édifice, reconnaît l’agence de l’ONU, qui ne peut que recommander aux Etats de s’appuyer sur les outils juridiques onusiens pour y faire face. Enfin, l’UNDOC souligne la nécessité de tarir la demande, tout en donnant aux communautés les moyens de protéger eux-mêmes leur héritage naturel.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus