Trafic aérien: le désengorgement de Roissy fait débat

Le 03 décembre 2007 par Agnès Ginestet
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aeroport roissy
aeroport roissy

Un rapport proposant des alternatives à un troisième aéroport dans le bassin parisien et défendu par les Amis de la terre, a été pris pour cible par une association de lutte contre les nuisances aériennes lors d’une conférence de presse le 28 novembre. Au final, pourtant, tous les acteurs tendent vers les mêmes objectifs.

Les Amis de la terre, la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) et France nature environnement (FNE) viennent d'achever leur contre-expertise consécutive au débat sur l'implantation d'un troisième aéroport en région parisienne. Le gouvernement Jospin s'était montré favorable à ce projet en 2001, mais selon les auteurs du rapport sorti le 28 novembre, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), qui s'est basée sur une hypothèse de croissance du trafic de 3,4% par an jusqu'en 2020, a sous-estimé plusieurs facteurs.

L'augmentation des vols à bas coût en est un, le développement de l'option ferroviaire un autre. Un rapport, commandé par la Fnaut et publié en 2004, a ainsi évoqué la possibilité d'un report de 17 millions de passagers depuis les aéroports d'Orly et de Roissy vers le TGV d'ici 2030. Même si les Amis de la terre font le constat des retards pris dans le développement des lignes à grande vitesse, l'association propose de taxer fortement les vols pour lesquels il existe une alternative en train. Une idée à laquelle la secrétaire d'Etat à l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet s'était montrée favorable lors d'une conférence de presse, le 9 octobre.

Le rapport des Amis de la terre préconise par ailleurs un rééquilibrage du trafic parisien. «En utilisant des créneaux non utilisés à Orly, on n'augmente pas les nuisances pour Orly tout en soulageant Roissy», a expliqué Hubert Rouaud, des Amis de la terre. Enfin, le développement des liaisons internationales et le redéploiement du fret à partir des aéroports de province serait également un moyen de diminuer les nuisances en région parisienne. Une proposition dont se désolidarise cependant la Fnaut. «Il est illusoire d'imaginer un report massif du trafic vers les aéroports de province», a déclaré son président Jean Sivardière.

L'association de défense contre les nuisances aériennes (Advocnar) a vivement réagi aux propositions faites. «Vos conclusions sont extrêmement dommageables pour les riverains. La dimension environnementale en est absente», a lancé Alain Peri, représentant de l'Advocnar.  «Peut-être faut-il un troisième aéroport et vous n'avez pas retenu cette hypothèse!», a-t-il ajouté. Anne Gellé, responsable du thème transport aérien aux Amis de la terre, a tenu à calmer le débat. «Le rapport est simplement là pour montrer que le trafic et les nuisances aériens sont concentrés sur Roissy», a-t-elle rappelé.

Selon Guillaume Faburel, chercheur au Centre de recherche sur l'espace, les transports, l'environnement et les institutions locales (Creteil), «l'environnement est un fédérateur de l'entente minimale». Il a fait part des dialogues pérennes instaurés entre autorités et riverains d'aéroports à Sydney (Australie) ou Francfort (Allemagne), ainsi que des «compensations territoriales» accordées dans certains pays, qui permettent aux communes riveraines d'aéroports d'offrir à leurs habitants des éléments «positifs» dans leur cadre de vie (espaces verts, zones commerciales…).

L'Advocnar a finalement appelé à une forte mobilisation sous la forme d'une manifestation visant à dénoncer le peu de cas qui est fait des riverains d'aéroports. D'ici là, les secrétaires d'Etat à l'écologie et aux transports vont se prononcer sur le thème de la réduction des nuisances sonores aéroportuaires lors d'une conférence de presse, mardi 4 décembre.




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