Toute la lumière sur le chalutage profond hexagonal

Le 09 juillet 2014 par Stéphanie Senet
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Le nombre de navires a été surestimé par le gouvernement mais celui des prises d'espèces menacées a été sous-estimé
Le nombre de navires a été surestimé par le gouvernement mais celui des prises d'espèces menacées a été sous-estimé

Dans un communiqué commun, 8 associations environnementales[1] révèlent que le gouvernement français a occulté des données sur le chalutage profond (nombre de chalutiers et espèces menacées) pour justifier son refus de l’interdire au niveau européen.



[1] Bloom, Deep sea conservation coalition, GoodPlanet, Greenpeace, Humanité et biodiversité, Les Amis de la terre, Oceana et WWF

 

«En exigeant la publication des données sur le chalutage de fond, la ministre de l’écologie a mis fin au règne de l’opacité et permis des révélations d’envergure», écrivent de concert les 8 associations, qui réclamaient ces informations depuis le Grenelle de la mer en 2009.

Publié le 2 juillet, le rapport de l’Ifremer[1] sur le chalutage de fond au-delà de 200 mètres entre 2010 et 2012 montre que cette activité est faible puisque «12 chalutiers français fréquentent des profondeurs de plus de 600 mètres plus de 10% de leur temps et seulement 10 d’entre eux pêchent au-delà de 800 mètres».

En prenant en compte l’engagement d’Intermarché d’arrêter la pêche au-delà de 800 mètres dès 2015, l’interdiction du chalutage de fond ne toucherait plus qu’un seul navire français.

«Les données de l’Ifremer prouvent que les élus socialistes de Bretagne ou du Nord Pas-de-Calais, à commencer par le secrétaire d’Etat à la pêche Frédéric Cuvillier, ont menti en martelant que l’interdiction du chalutage profond aurait de très lourdes conséquences socio-économiques. C’est faux», clarifie Claire Nouvian, fondatrice de l’association Bloom. Pour rappel, le Parlement européen a rejeté en décembre l’interdiction du chalutage et des filets maillants de fond dans les eaux européennes et dans l’Atlantique Nord-est.

 

Les prises accessoires visent surtout des espèces menacées d’extinction

Deuxième révélation: le rapport de l’Ifremer sur les espèces capturées affirme que les espèces menacées d’extinction représentent les prises accessoires les plus importantes des chalutiers français. En 2012, les requins des eaux profondes totalisent 6% des prises totales des chalutiers hexagonaux et près de 30% de leurs rejets. Sur les 13 espèces de requins analysées par l’Ifremer, 11 d’entre eux sont classés dans une zone à risque d’extinction par l’UICN[2]. Le squale chagrin de l’Atlantique (Centrophorus squamosus), en danger critique d’extinction dans l’Atlantique Nord-est, est en volume la 10e espèce la plus capturée par les chalutiers de fond français et la 3e espèce la plus rejetée parmi les prises accessoires.

Fortes de ces conclusions, les associations de défense de l’environnement et des océans demandent à la ministre de l’écologie de soutenir publiquement l’interdiction du chalutage profond. La nouvelle présidence italienne de l’UE attend les positions des Etats membres d’ici le 15 juillet.



[1] Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer

[2] [2] UICN: Union internationale pour la conservation de la nature

 



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