Tournant politique pour l’oléoduc Keystone XL

Le 03 novembre 2011 par Stéphanie Senet
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Le projet controversé de construction d’un oléoduc géant entre le Texas et le Canada pourrait être reporté. Le président des Etats-Unis Barack Obama a annoncé qu’il attendait les résultats d’une étude d’impact avant de se prononcer.

Rebondissement dans le feuilleton Keystone XL, l’oléoduc porté par le consortium TransCanada, qui doit être prolongé de 2.700 km et qui permettrait de transporter 900.000 barils de pétrole par jour (voir JDLE). Le département d’Etat a repris le dossier en main, en lui donnant un tournant politique. Sa porte-parole Victoria Nuland a indiqué hier 2 novembre qu’un rapport sur l’impact environnement du projet avait été commandé. L’étude doit être remise dans les prochains mois.

 
Jusqu’à présent, la secrétaire d’Etat Hilary Clinton était en charge de ce projet international. Elle avait annoncé que sa décision, nécessaire parce que le projet franchit la frontière entre les Etats-Unis et le Canada, serait donnée d’ici fin 2011 (le Canada a déjà donné son autorisation en mars 2010). Il faudra peut-être attendre plus longtemps. « Nous aimerions en avoir fini avant la fin de l’année mais si la rigueur exige un peu plus de temps, personne n’exclut cette possibilité » a précisé la porte-parole Victoria Nuland.
Barack Obama a confirmé cette position lors d’une interview télévisée sur la chaîne du Nebraska KETV : « Qu’est-ce qui est meilleur pour l’économie américaine à court et à long terme ? Mais aussi, quelle est la meilleure décision pour la santé des Américains ? » a-t-il déclaré. Les conclusions du rapport seront donc essentielles pour le devenir du projet.
 
D’un côté, les tenants du projet assurent qu’il sera créateur d’emplois et qu’il contribuera à la sécurité énergétique américaine. De l’autre, les opposants le dénoncent au nom des fuites de pétrole, de son impact sur le paysage, et parce que le pétrole est puisé dans les schistes bitumineux. L’opposition est particulièrement forte dans le Nebraska, où des scientifiques s’inquiètent pour l’aquifère d’Ogallala qui assure 78% de l’approvisionnement en eau des habitants et des industriels. Autre point de discorde : l’oléoduc traverserait les dunes du Nebraska, les plus grandes des Etats-Unis, qui abritent plus de 1.000 espèces végétales et animales spécifiques. A deux reprises, l’agence fédérale de l’environnement (EPA) a critiqué la faiblesse des études d’impact produites par le secrétariat d’Etat. Selon l’association Les Amis de la Terre, le secrétariat d’Etat dirigé par Hilary Clinton ne serait par ailleurs pas neutre, et favoriserait TransCanada.
 
Bill McKibben, le fondateur de l’association 350.org, organise une manifestation devant la Maison Blanche, à Washington, le 6 novembre, afin de demander le rejet du projet Keystone XL, « la plus grande bombe à carbone de la planète » (2). Avec une dizaine d’autres opposants, dont le célèbre climatologue James Hansen, qui dirige l’institut Goddard d’études spatiales de la Nasa, ils rappellent que l’heure est à la réduction des émissions de CO2 et à l’abandon des carburants non conventionnels.
 
(1)    Selon un article d’Inside Climate News

(2)    http://www.tarsandsaction.org/


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