Toujours trop de déchets spatiaux

Le 02 septembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Depuis la mise au garage de ses navettes spatiales et l’abandon de ses projets de voyages vers mars et vers la lune, l’agence spatiale américaine (Nasa, selon l’acronyme en anglais) se cherche une nouvelle vocation. Elle l’a peut-être trouvée…
 
A sa demande, le conseil américain de la recherche (NRC, selon l’acronyme en anglais) a audité la politique américaine de gestion des déchets spatiaux. Et, comme le révèle son rapport, publié cette semaine, les résultats sont inquiétants. Selon le NRC, la quantité de déchets spatiaux a atteint un point de non-retour et représente désormais un problème inquiétant pour la station spatiale internationale et les satellites en orbite.
 
Des particules de liquides de refroidissant aux restes métalliques d’anciens boosters, plus d’un demi-million de déchets de plus de un centimètre de diamètre gravitent autour de la planète, affirme le NRC. «La vitesse moyenne de ces objets à l’impact est de 10 kilomètres par seconde, explique Donald Kessler, l’un des co-auteurs du rapport et retraité de la Nasa. Et à une vitesse de 2 kilomètres par seconde, l’énergie développée lors de la collision est équivalente à celle d’une masse de TNT égale à celui de la particule».
 
Et du TNT, il risque d’y en avoir. Car, le nombre de déchets ne cesse de progresser: à chaque lancement de satellite et à chaque accident. En 2009, un satellite russe Cosmos est ainsi entré en collision avec un satellite de la téléphonie Iridium, créant des milliers de particules plus ou moins grosses. A l’issue de chaque mission d’une navette spatiale, rappelle le document, la Nasa devait remplacer un à deux hublots, criblé de débris. Le NRC estime que le tiers des débris spatiaux sont d’origine américaine.
 
Si techniquement, le nettoyage du proche espace est à portée des nations spatiales, politiquement, le sujet s’avère des plus délicats. Légalement, les pays sont responsables de leurs véhicules et des déchets produits par leurs activités. Pas question, donc, d’aspirer des déchets «étrangers». D’autre part, souligne le NRC, la technologie spatiale est encore trop pointue pour pouvoir être partagée.
 
Chacun devra donc balayer devant sa porte. Hélas, les candidats au grand nettoyage de notre banlieue cosmique sont encore rares.
Pour renforcer la sûreté de l’ISS et des satellites en service, le NRC préconise dans un premier temps de renforcer la surveillance des déchets de l’espace, notamment en mettant en service des radars capables de détecter des objets de quelques millimètres de diamètre.
 
En France, l’armée de l’air dispose du radar Graves, qui permet de détecter de gros objets survolant l’Hexagone jusqu’à 1.000 km d’altitude.
 


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