Toujours plus de menaces chimiques

Le 14 mars 2019
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La chimie ne connaît pas de frein
La chimie ne connaît pas de frein
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Les ventes de produits chimiques devraient doubler dans le monde d’ici 2030, s’alarme le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) dans son deuxième rapport «Global Chemicals Outlook», publié lundi 11 mars lors de la quatrième session de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement qui se déroule à Nairobi (Kenya). La moitié d’entre elles se feront en Chine, contre un tiers en 2017.

Lors du Sommet mondial pour le développement durable de Johannesburg en 2002, les gouvernements étaient convenus de «parvenir d’ici 2020 à ce que les produits chimiques soient produits et utilisés de manière à réduire autant que possible leurs effets néfastes sur la santé et l’environnement».

Dix-sept ans plus tard, la fuite en avant se poursuit, comme le rappelle le «Global Chemicals Outlook», dont une première édition avait été publiée en 2013. Six ans plus tard, ce deuxième rapport, dont deux résumés (un à l’intention des décideurs) ont été publiés lundi 11 mars en l’attente du rapport final en avril, montre que la planète produit toujours plus de produits chimiques, et que la tendance devrait même s’accélérer.

Toujours plus de chimie par habitant

Hors médicaments, les ventes mondiales devraient passer de  3.470 milliards de dollars en 2017 à 6.600 milliards de dollars en 2030. La part de la Chine devrait atteindre 49,9%, contre 37,2% 13 ans auparavant, tandis que les parts relatives de l’Union européenne et de l’Amérique du Nord se contracteront, respectivement de 15,6% à 10,7% et de 14,9% à 13,8%.

Sans changement, la consommation par Terrien devrait aussi continuer à augmenter: par rapport à 1990, la production mondiale de produits chimiques en 2030 sera multipliée par 3,6, tandis que la population n’aura crû que de 60%.

La chimie imprègne tout

Les produits chimiques sont désormais retrouvés en tout point de la planète, tel que les PCB en concentrations élevés dans des animaux vivant à 10.000 mètres de profondeur océanique, les pesticides organochlorés enfouis dans des glaciers de l’Himalaya, etc.

Outre leur danger environnemental, les produits CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique) et perturbateurs endocriniens engendrent moult maladies humaines, allant des cancers aux maladies métaboliques (cancer, obésité), en passant par des troubles du développement cérébral tels qu’hyperactivité, autisme et baisse du quotient intellectuel. Un bilan humain dont l’ampleur n’est pas encore estimée à sa juste valeur.

«En 2018, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que la charge de morbidité évitable par une gestion rationnelle et une réduction des produits chimiques dans l’environnement était de 1,6 million de morts (…) Ces chiffres sont probablement sous-estimés, étant donné qu’ils ne tiennent compte que de l’exposition à des produits chimiques pour lesquels il existe des données mondiales fiables (plomb à l’origine de déficiences intellectuelles, cancérogènes industriels comme l’amiante et pesticides à l’origine de dommages corporels auto-infligés, par exemple)», selon le rapport.



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