Toujours plus d’espèces envahissantes

Le 16 février 2017 par Romain Loury
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L'ambroisie, une plante envahissante
L'ambroisie, une plante envahissante
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Les espèces invasives ne marquent pas de pause: selon une étude internationale publiée mercredi 15 février dans Nature Communications, le rythme d’invasion ne cesse de s’accélérer, particulièrement pour les algues, les invertébrés, les reptiles et les oiseaux.

Depuis les grandes expéditions de la fin du 15ème siècle, de nombreuses espèces animales et végétales n’ont cessé de conquérir d’autres lieux. C’est d’ailleurs l’une des menaces majeures pour la biodiversité, et l’une des causes de sa sixième crise d’extinction.

Alors que le problème est désormais mieux connu, et qu’il fait l’objet de nombreuses lois à travers le monde, peut-on espérer être parvenus à saturation? Pour répondre à cette question, Hanno Seebens, du centre de recherche Senckenberg sur le climat et la biodiversité (BiK-F) de Francfort (Allemagne), et ses collègues ont analysé le rythme d’invasion de nouveaux continents (environ 45.800 «premières observations» pour 17.000 espèces), et ce depuis 1500.

Un record en 1996

Leur réponse est claire: le rythme d’introduction des espèces invasives continue à s’accélérer. Assez faible entre 1500 et 1800 (7,7 espèces par an en moyenne), il s’est graduellement élevé au cours du 19ème siècle, s’accélérant fortement à compter de 1950. Toutes espèces confondues, un record est atteint en 1996, avec 585 nouvelles espèces invasives recensées cette année-là (soit 1,5 par jour) à travers le monde!

Par groupes d’animaux, la tendance demeure identique: elle est encore plus marquée pour les algues et les invertébrés (insectes, crustacés, mollusques, etc.), ce que les chercheurs imputent au boom des transports, aussi bien humains que de marchandises.

La hausse est moins forte pour les reptiles et les oiseaux, dont le commerce comme animaux de compagnie ne cesse de croître, mais elle se poursuit. Quant aux plantes, le rythme s’est principalement accéléré au cours du 19ème siècle, se maintenant depuis à un niveau très élevé.

Moins de mammifères

Les mammifères et les poissons sont les deux seuls groupes d’animaux dont le rythme d’invasion a diminué ces dernières décennies. Selon les chercheurs, c’est peut-être le fait de législations plus dures sur l’introduction d’espèces. Malgré ce ralentissement, leur rythme d’invasion demeure élevé, avec 19 mammifères et 104 poissons nouvellement invasifs entre 1996 et 2000.

Seule exception, l’Europe continue à accueillir de plus en plus de poissons invasifs, ce que les chercheurs expliquent par le canal de Suez, ouvert en 1869. Depuis, 309 espèces dites «lessepsiennes», originaires de la Mer Rouge et de l’Océan indiens, sont arrivées en Méditerranée, fragilisant les écosystèmes locaux.



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