Toujours médiocre, l’air francilien

Le 14 mai 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Un peu mieux qu'en 2012
Un peu mieux qu'en 2012

 En 2013, l’air francilien était un peu moins irrespirable qu’en 2012. Telle est la principale conclusion du bilan annuel de la qualité de l’air de l’Ile-de-France, présenté par Airparif ce mercredi 14 mai.

 

L’association régionale de mesure de la qualité de l’air modère toutefois tout enthousiasme. Certes, «les niveaux de pollution moyens de 2013 sont en tendance légèrement inférieurs à ceux de 2012. Cependant, ces niveaux restent au-delà des seuils fixés par la réglementation européenne, allant jusqu’à 4 fois la norme à proximité du trafic», souligne Karine Berger, adjointe au directeur.

 

Moins de personnes exposées aux PM10

 

Du fait exclusif de conditions météorologiques plus clémentes, les Franciliens ont été moins exposés à des seuils de particules (PM10) excédant la norme d’exposition de 50 microgrammes par mètre cube et par jour que lors de l’année précédente. En 2013, environ 1,4 million d’habitants ont respiré un air trop chargé en particules: deux fois moins qu’en 2012.

 

Les 11,7 millions de Franciliens sont, en revanche, concernés par les particules fines (PM2,5). Dans toute la région, les teneurs sont, en moyenne, 1,5 à 2 fois supérieures à la valeur-guide édictée par l’Organisation mondiale de la santé (10 µg/m3 et par jour). Ces concentrations sont trois fois plus importantes dès lors que l’on se trouve à proximité d’axes routiers majeurs, à l’instar du boulevard périphérique ou des autoroutes.

 

Efficace, la circulation alternée? Après 5 jours de pollution aux particules, le gouvernement a décrété la circulation alternée, le 17 mars dernier. Jamais prise depuis 1997, cette mesure, prévue par la loi Lepage sur l’air de 1996, a eu quelques effets mesurables sur la pollution routière. Selon Airparif, la mise en circulation des seuls véhicules équipés d’une plaque impaire a permis de réduire de 15% les émissions de PM10 liées au trafic routier et de 20% les NOx. Pour autant, la voiture n’est pas responsable de tout. Le 21 mars, des chercheurs du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE) rappelaient que l’essentiel des particules fines observées ce jour-là dans le ciel francilien étaient composées de nitrate d’ammonium, formé d’ammoniac agricole et d’oxydes d’azote produits par l’agriculture et les transports

 

Majoritairement issu de l’échappement des véhicules routiers, le dioxyde d’azote (NO2) voit, pour la première fois, sa concentration légèrement diminuer dans l’agglomération parisienne, à proximité du trafic. Pour autant, 3,4 millions de Franciliens et 90% des Parisiens absorbent un air trop riche en NO2.

 

A cause du bel été que nous avons connu, les teneurs en ozone ont été globalement supérieures à celles enregistrées en 2012.

 

17 pays de l’UE poursuivis par la Commission

 

Finalement, la qualité de l’air de la première région de l’Hexagone reste des plus médiocres. Cette situation est à l’origine d’un contentieux entre la France et l’Union européenne. La France n’est pas le seul pays dans cette situation: 16 autres membres de l’UE sont aussi poursuivis par la Commission. Le rejet, en février 2014, de la demande de la France de report à 2015 de l’application de la directive sur la qualité de l’air (au lieu de 2010) devrait lui valoir de nouveaux ennuis avec la justice communautaire.

 

Pour mémoire, les coûts directs liés à la pollution de l’air, y compris les dommages causés aux cultures et aux bâtiments, s’élèvent pour les pays membres de l’Union européenne à environ 23 milliards d’euros par an. Réduire les émissions polluantes, rappelait récemment Bruxelles, éviterait la mort prématurée de 58.000 Européens par an et réduirait d’une quarantaine de milliards d’euros par an le montant des coûts sanitaires liés à l’exposition à la pollution de l’air.



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