Total mise encore majoritairement sur le pétrole

Le 16 septembre 2005 par Christine Sévillano
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Même si le groupe pétrolier travaille sur les énergies renouvelables, le directeur environnement l'assure: Total œuvre à retarder les échéances de la fin du pétrole et du gaz.

Lors d'une conférence organisée par l'Association française des ingénieurs et des techniciens de l'environnement (Afite), Jean-Michel Gires, le directeur du développement durable et de l'environnement de Total a présenté le point de vue de son groupe sur le futur énergétique. S'appuyant sur les chiffres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), il a observé que la demande d'énergie devrait progresser notamment en raison du développement de pays tels que la Chine ou l'Inde, qui consomment respectivement 1 tonne équivalent pétrole (tep) par habitant et 500 kilogrammes équivalent pétrole contre 3 à 4 tep pour l'Europe et le Japon et 8 pour l'Amérique du Nord. 

La demande devrait augmenter de 60% d'ici 2030, le pétrole ayant toujours une place de premier choix avec 35% talonné par le gaz, le charbon et le nucléaire. Les énergies renouvelables stagneraient autour de 13%. La production de pétrole passerait ainsi de 3,7 à 5,8 milliards de tonnes produites par an, alimentant pour la moitié les moyens de transport.

«Nous avons encore 43 ans de réserve de pétrole, soit près de 1.000 milliards de barils tep, et 68 ans pour le gaz. Notre métier est de retarder les échéances», explique le directeur environnement. Les actions mises en oeuvre: l'amélioration de l'extraction pour être sûr de n'oublier aucune nappe à proximité d'un forage et l'extraction offshore profond, actuellement à 1.400 mètres. Total espère d'ailleurs découvrir dans quelques années de nouveaux gisements dans la mer, à 2.000 ou 3.000 mètres de profondeur: «Il existe certainement un potentiel de centaines de milliards de barils», assure Jean-Michel Gires. Dernière ressource pétrolière supplémentaire: les pétroles lourds. Ils représentent un potentiel de 600 milliards de barils, mais leur développement va dépendre de l'évolution des technologies.

Jean-Michel Gires a tout de même parlé de quelques évolutions environnementales au sein du groupe. Ainsi Total fait des investissements pour réduire les émissions de SO2 et de NOx, tout en recherchant des solutions technologiques plus propres pour réduire les nuisances issues de sa production de charbon. En outre, le groupe se penche sur des énergies renouvelables et plus particulièrement sur le solaire et le photovoltaïque. Il possède une cellule de production en Belgique dont il espère sextupler les capacités de 13 à 80 mégawatts peak (MWp). «Nous espérons qu'à terme ce sera une bonne solution pour des pays en développement comme l'Afrique, dont la forte demande engendre la hausse de la consommation d'énergie», affirme Jean-Michel Gires.

Il assure également que Total est le premier acteur européen pour les biocarburants puisqu'il en produit 900.000 tonnes. Le groupe se concentre aussi sur la biomasse pour fabriquer des plastiques ou des solvants à partir de végétaux, en particulier à l'étranger comme en Allemagne. «Enfin, l'éolien est intéressant car il sera bientôt compétitif. Je n'accepte pas le débat actuel stupide sur ce moyen de production, il est animé par des acteurs qui ne comprennent pas les possibilités énergétiques des éoliennes», poursuit le directeur environnement. L'hydrogène, les vagues ou la géothermie sont d'autres pistes en réflexion. Quant aux gaz à effet de serre issus des hydrocarbures, le directeur environnement rappelle que 92 à 93% des émissions sont produites chez leurs clients, le reste relevant réellement des sites de Total.






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