Total: la gestion de l'incident de la Mède critiquée

Le 09 septembre 2005 par Christine Sévillano
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Raffinerie-S
Raffinerie-S

L'incident du 7 août dernier sur le site Total de la Mède (Bouches-du-Rhône) est l'objet d'une procédure judiciaire dans le cadre de plusieurs plaintes pour non-respect du Code de l'environnement. Eric Diard, maire de Sausset-les-Pins, la commune la plus touchée, dénonce un manquement dans les procédures.

Le député-maire de Sausset-les-Pins (Bouches-du-Rhône), Eric Diard (UMP), a communiqué le 8 septembre les informations qu'il détient sur l'incident de la raffinerie de la Mède (groupe Total), voisine de sa commune et qui a eu lieu le 7 août. Rappelons qu'une pluie d'hydrocarbures, portée par le mistral, a souillé une partie des habitations de ses administrés. La plainte pour non-respect du Code de l'environnement, qu'il a déposée le 11 août, lui a en effet permis d'avoir accès aux résultats de l'enquête menée par la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca). «Finalement, nous avons eu de la chance, car si le vent avait porté les 10 tonnes d'hydrocarbures en sens inverse, elles se seraient retrouvées au-dessus de la torche provoquant une catastrophe», explique Eric Diard.

Première irrégularité constatée: la diffusion de l'information auprès de la Drire Paca. Alors que l'incident a eu lieu à 16h46, il n'a été rapporté à l'inspecteur des installations classées qu'à 18 heures par la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass), elle-même prévenue par le Centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis), appelé par un centre de vacances incommodé par les gouttes de produits pétroliers. L'incident est survenu dans le cadre du redémarrage des unités. Les procédures n'auraient pas été respectées, conduisant à perdre les indicateurs de niveaux dans la colonne de distillation. Le rapport de la Drire évoquerait également une insuffisance de traçabilité des opérations effectuées et un manque de transfert des informations d'une équipe à l'autre. Le maire s'interroge toutefois: «Pourquoi redémarrer la raffinerie le week-end quand une seule personne assure l'encadrement du site?» L'étude de dangers n'a en tout cas pas mis en avant un tel scénario. Enfin, le maire révèle qu'un arrêté préfectoral du 9 novembre 2000 demandait à la raffinerie la connexion des soupapes au réseau de la torche pour éviter ce type d'incident, mais Total n'aurait jamais réalisé les travaux.

Chez Total, on reconnaît que l'incident est dû à un non-respect des procédures de redémarrage, une erreur qui a valu à 4 salariés des sanctions de mise à pied, entraînant d'ailleurs un mouvement social dans plusieurs raffineries du groupe. L'entreprise assure en outre que l'arrêté préfectoral est respecté. Elle attend désormais de recevoir le rapport de la Drire pour pouvoir se prononcer davantage. En attendant, Total souligne avoir nettoyé 90% des habitats, des voitures et des piscines des habitants de Sausset qui ont déposé 731 réclamations. Mais les 9 plaintes, recensées par Total et déposées devant les autorités, montrent que cette bonne volonté ne suffit pas pour plusieurs acteurs qui réclament davantage de sécurité.






A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus