Total à l'origine d'une pollution de rivière

Le 03 août 2005 par Claire Avignon
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SOBEGIE
SOBEGIE

Le 29 juillet, une rivière a été polluée par des eaux industrielles provenant de la plate-forme Sobegi, appartenant à Total. La cause: une canalisation défectueuse qui permet l'injection d'eaux industrielles dans les nappes souterraines.

Depuis quelques mois, la plate-forme Sobegi (Société béarnaise de gestion industrielle, groupe Total), situé à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques) effectue des travaux pour remplacer une canalisation d'environ 5 kilomètres qui collecte la totalité des eaux industrielles usées (EIU) des 8 sites de chimie (dont 4 classés seuil haut) de la plate-forme. La nouvelle canalisation doit être mise en service en septembre. Mais les travaux sont arrivés trop tard. Une pollution de la rivière voisine, la Baïse, a eu lieu vendredi. Des poissons sont morts: une quinzaine selon l'industriel, «largement plus», selon Jean-Pierre Borda, agent du Conseil supérieur de la pêche (CSP), qui ajoute que si l'on sait toujours quand et où débute une pollution, on ne peut pas savoir quand elle se termine et sur quelle périmètre elle sévit. La baignade, la pêche et l'irrigation des cultures à partir de l'eau du cours d'eau ont été interdites.

La canalisation en cause amène les EIU à un puit d'injection situé entre 4.000 et 5.000 mètres de profondeur, là où est extrait le gaz de Lacq. «La canalisation est utilisée depuis 30 ans et injecte de 300 à 1.000 mètres cubes (m3) par jour d'eaux usées dans la nappe géologique, explique Gilbert Beucher, chef de groupe de subdivision des Pyrénées-Atlantiques de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) Aquitaine. Avec le temps, des dépôts sont apparus à l'intérieur du pipe qui n'est pas équipé d'un piston-racleur. L'absence de nettoyage a entraîné l'attaque du métal. Des fuites ont été détectées depuis 2 ans environ.» «Il s'agissait de micro-fuites», précise Gilles Bicais, porte-parole de la direction de Sobegi. A chaque fuite, l'exploitant a enlevé la terre souillée pour la traiter ou la mettre en centre de stockage de déchets de classe 1. Conscients de la vétusté de la canalisation, la Drire et l'exploitant ont décidé le remplacement de la canalisation par un collecteur constitué d'une double enveloppe au niveau de la traversée de la Baïse et équipé d'une installation de raclage à chaque extrémité.

C'est au moment de ces travaux qu'a eu lieu la pollution de la rivière. Le 29 juillet, vers 11 heures 30, la Sobegi a constaté une nappe d'eau noirâtre (de l'ordre de 3 m3) dans la tranchée du chantier du nouveau pipe d'EIU, situé près de la Baïse. L'odeur anormale et la présence de poissons morts ont provoqué l'arrêt d'envoi d'EIU. «Une montée brutale de la Baïse après 15 heures a provoqué l'inondation de la tranchée, faisant disparaître la nappe et les poissons morts», explique le communiqué de presse de l'industriel. «Cela a lessivé la tranchée avant que l'on ait eu le temps de dépolluer la zone, continue Gilbert Beucher. La pollution s'est ensuite diluée dans la Baïse.»

Suite à la pollution, le CSP a pris des échantillons d'eau et de poissons. C'est cet établissement public, placé sous la tutelle du ministère chargé de l'environnement, qui est chargé d'instruire l'enquête, la Drire n'intervenant qu'à titre technique. «Selon les résultats des analyses, nous établirons un procès-verbal de pollution, indique Jean-Pierre Borda. Ce sera alors au procureur de décider s'il poursuit ou non la Sobegi.» De son côté, la Sobegi devrait faire fonctionner à nouveau son pipe dès le 3 août, en remplaçant l'ancien tronçon en cause par la nouvelle canalisation.




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