Torchères : Shell ne tient pas ses promesses au Nigeria

Le 20 avril 2011 par Célia Fontaine
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Shell n’a pas respecté ses promesses d’arrêter de brûler en torchères le gaz issu des forages de pétrole au Nigeria, se plaignent les Amis de la terre International dans un communiqué du 19 avril.
 
L’extraction de pétrole dans le delta du Niger a commencé dans les années 1950 et a été suspendue en Ogoniland dans les années 1990 en raison de nombreuses marées noires. A cette époque, la compagnie pétrolière anglo-néerlandaise promet d’arrêter le «torchage», un procédé utilisé dès 1958 qui consiste à brûler, en pure perte, le gaz issu des forages. Ce gaz est brûlé en raison du manque d'infrastructures de transformation. Au Nigeria, les torchères émettent autant de gaz à effet de serre que 18 millions de voitures européennes.
 
Illégale depuis 1984, cette méthode est toujours largement pratiquée en 2010, ont constaté les Amis de la terre en décortiquant un rapport publié par Shell la semaine dernière.
 
«Selon ses propres chiffres, la compagnie a brûlé en torchères 30% de gaz de plus en 2010 qu’en 2009. Ceci est dû à la production qui s’est intensifiée au Nigeria et aux nouvelles activités en Iraq», peut-on lire dans le communiqué de l’ONG.
 
Pendant que l’entreprise cherche à maximiser les profits, l’environnement et la santé des résidents locaux se dégradent, «alors que le gaz pourrait être capté et utilisé comme gaz naturel au bénéfice des populations qui, souvent, n’ont même pas d’électricité chez eux», estime l’association.
 
Le Nigeria est le premier producteur de pétrole en Afrique et le huitième exportateur mondial. Afin de mettre un terme à la déperdition du gaz brulé en torchères, le président nigérian Goodluck Jonathan a déclaré le 25 mars dernier que le projet gazier de son gouvernement prévoyait 25 milliards de dollars (17,23 milliards d’euros) d'investissements.
 
Le projet prévoit la création d'une installation centrale de traitement du gaz ainsi qu’une mega usine pétrochimique. Le gouvernement nigérian voudrait utiliser les réserves de gaz pour alimenter des stations thermiques (et régler ainsi le problème de manque cruel d'électricité qui provoque de nombreux délestages dans ce pays le plus peuplé d'Afrique) et pour accroître les exportations de gaz naturel.


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