TMS: l'action de Bretagne ateliers

Le 14 juin 2005 par Christine Sévillano
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Pour le sous-traitant Bretagne ateliers, soigner les troubles musculo-squelettiques ne passe pas uniquement par l'adaptation des postes de travail et l'ergonomie, mais aussi par une politique sociale.

«Les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont devenus notre préoccupation en 2002, quand nous avons vu des cas apparaître alors que nous n'en avions pas connus en 28 ans d'existence», explique Françoise Perrier, directrice management social de Bretagne ateliers. Cette entreprise de sous-traitance pour le secteur de la métallurgie est une entreprise adaptée, ancien atelier protégé, qui comprend 500 personnes handicapées (1) sur les 700 salariés.



Pathologies des coudes, des mains et des épaules, l'entreprise se rend compte qu'il s'agit d'employés nouvellement arrivés, et surtout des femmes de plus de 40 ans, sur le départ en raison de la fin de leur contrat de qualification. «Les nouveaux arrivants n'ont pas appris la gestuelle du poste contrairement à ceux qui sont là depuis plus longtemps», poursuit Françoise Perrier. De plus, le secteur est bien délimité: il compte une trentaine de personnes travaillant sur l'automobile. Bretagne ateliers décide alors de créer, en juillet 2003, un comité de prévention interdisciplinaire avec notamment des responsables de la production, les médecins du travail et des représentants du Comité d'hygiène et de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Un travail d'enquête est mené, avec une grille d'analyse pour coter les postes et des interviews pour identifier les sources de TMS.

Des cours de relaxation dirigés par un kinésithérapeute sont également mis en place en novembre 2003, et ouverts aux volontaires, le vendredi matin, pendant la période de travail. Un tiers des salariés, soit 21 personnes, ont répondu présents. «L'idée est de mieux appréhender son corps. Mission accomplie puisque 80% des participants ont affirmé que cela leur apportait un mieux-être», affirme Françoise Perrier. Elle souligne aussi la satisfaction des employés de voir le management s'intéresser à eux. Parallèlement, l'entreprise a mis en oeuvre, avec l'aide de l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact), des solutions simples comme le réglage des sièges selon la taille ou encore la pose de tapis de mousse au sol pour absorber les chocs du talon lors des déplacements. Autre modification importante: la mise en oeuvre d'un système de réglage du chariot qui contient des pièces, pour que les salariés puissent les prendre sans trop se baisser.

«Mais il faut aller au-delà de l'ergonomie et se pencher sur les aspects psychologiques et sociaux des salariés. Si un employé ne s'entend pas avec son voisin ou s'il subit une pression de la direction pour une production supérieure, il réduit alors ses gestes et se contracte sur son poste et c'est à ce moment que naissent les TMS», explique la directrice. Dans le cas de Bretagne ateliers, les salariés en fin de contrat de qualification ont révélé leurs préoccupations et leurs incertitudes face à leur avenir une fois l'entreprise quittée. Ils ne devaient pas être gardés, car leur niveau de handicap était trop léger pour un atelier protégé, mais la direction en a finalement embauché quelques-uns. L'enquête a été généralisée à l'ensemble des départements de production, et des séances de gymnastique proposées gratuitement, trois fois par semaine après le travail.



(1) Dans ces entreprises, les personnes handicapées sont des salariés selon la réglementation du Code du travail. Pour obtenir la dénomination d'entreprises adaptées, elles doivent embaucher au moins 80% de personnes handicapées.




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