Thon rouge: une nouvelle (fausse) polémique scientifique?

Le 02 mars 2010 par Sabine Casalonga
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A l’heure de la remise en cause des conclusions du Giec sur le climat, l’expertise scientifique sur la pêche deviendra-t-elle à son tour objet de polémique?
Selon un article des Echos du 1er mars, de nouvelles études scientifiques ont conclu qu’en Méditerranée, «le thon rouge n'est peut-être pas en voie de disparition», donnant ainsi raison à l’Association euroméditerranéenne des pêcheurs professionnels de thon, et alors même que la France et la Commission européenne viennent de se prononcer en faveur d’une interdiction du commerce international de l’espèce (1,2).

Parmi les scientifiques sceptiques cités par le quotidien, figurent des membres de l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) à Sète, menés par Jean-Marc Fromentin, également membre de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (Cicta). Or celui-ci dément remettre en cause la surexploitation du thon rouge et indique qu’il n’a pas été interrogé par le journaliste.

Il confirme le doublement des densités de jeunes thon rouge observées en 2009 par rapport à 2001 et 2003 dans le golfe du Lion -qui représente «1% des zones fréquentées par l’espèce». «Il s’agit très probablement d’une conséquence des mesures de gestion prises en 2007 relatives à l’interdiction de pêche des poissons juvéniles inférieurs à 30 kilogrammes pour les thoniers-senneurs [pêche industrielle] dans cette région, souligne-t-il. Mais cela ne signifie pas que le stock global de l’espèce soit en bonne santé.» Il précise qu’il faudra «au moins 10 ans pour reconstituer les stocks de thons reproducteurs sous le régime de gestion actuel».

Le chercheur rappelle enfin que cette étude a été prise en compte dans le dernier rapport de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (Cicta) qui faisait état d’une baisse des stocks en octobre 2009 (3). Le prochain rapport de la Cicta doit être publié en septembre 2010, quelques mois avant celui du comité scientifique de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), sur la base duquel la décision d’interdiction du commerce mondial sera prise.

Parmi les autres sceptiques cités figurent le biologiste italien Antonio Di Natale qui remet en cause l'efficacité de l’outil d'évaluation des stocks utilisé par la Cicta, dont il est membre, et Corrado Piccinetti, directeur du laboratoire de biologie marine de l'université de Bologne et président de la commission scientifique de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM). «Le rapport de la Cicta est élaboré sur la base d’un consensus scientifique et approuvé ensuite par une centaine de scientifiques», rappelle le chercheur de l’Ifremer… comme le rapport du Giec.

(1) Dans le JDLE «Thon rouge: la France pour l’interdiction du commerce… dans 18 mois»
(2) Dans le JDLE «Commerce du thon rouge: la nouvelle Commission pour l’interdiction dans un an»
(3) Dans le JDLE «Thon rouge: les scientifiques auraient confirmé son déclin»


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