Thon rouge : réduire les captures pour préserver l’espèce

Le 11 octobre 2010 par Célia Fontaine
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Le groupe d’experts scientifiques indépendants de la Commission internationale pour la conservation des thonide?s de l’Atlantique (Iccat) a rendu le 7 octobre à Madrid ses travaux sur les saisons à venir de pêche au thon rouge.

Les scientifiques invitent les pays membres de l'Iccat (dont la France) à établir avec précaution les quotas de pêche.

Pour envisager une reconstitution du stock de thon rouge en 2022, avec une probabilité d’au moins 60 %[1] , le niveau de captures totales annuelles devraient être fixées « entre 0 et le 13.500 tonnes ». Pour sauver totalement l’espèce, le total admissible de captures doit être de 6.000 t/an. Soit moitié moins qu’aujourd’hui.

Les scientifiques de l’Iccat ont également identifié 6 zones principales de reproduction du thon rouge en Méditerranée à protéger en priorité.

Fustigeant « l’incapacité des membres de l’Iccat à gérer durablement la pêche au thon rouge et l’immense incertitude qui pèse sur l’état réel de la population de cette espèce », Greenpeace France estime préférable de réduire drastiquement les captures, voire de fermer la pêche industrielle. La seule allocation de quotas ne devant profiter qu’à la pêche artisanale.

Dans le cadre de sa stratégie pour le milieu marin, l’UE contraint juridiquement les Etats membres à adopter des mesures de gestion qui permettront aux stocks de poissons de retrouver un état satisfaisant d'ici 2020. « L’Union européenne n’a pas d’autre choix que de demander une réduction des quotas à moins de 6.000 tonnes, pour ne pas être en contradiction avec ses propres règles », selon François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace France.

Sur la même longueur d’onde, le WWF préconise également l’arrêt de la pêche du thon rouge à la senne en Méditerranée, « largement responsable, avec les fermes d’engraissement, de la situation actuelle ». Cette technique (qui consiste à encercler les bancs avec un grand filet dont les deux extrémités sont reliées pour que les poissons ne puissent pas s'échapper) ne distingue pas les thons des autres espèces marines. De plus, l’association « exhorte les pays membres de l’Iccat à interdire l’accès des principales zones de reproduction du thon rouge aux navires de pêche ».

La prochaine conférence de la Commission aura lieu à Paris du 17 au 27 novembre prochain. L’avenir des quotas s’y jouera.



[1] Objectif convenu par l'Iccat lors de sa réunion annuelle de 2009 à Recife, au Brésil



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