Thon rouge: les quotas repartent à la hausse en Méditerranée

Le 17 novembre 2014 par Stéphanie Senet
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Une hausse trop forte et trop rapide pour les ONG
Une hausse trop forte et trop rapide pour les ONG

Les quotas de pêche de thon rouge, dans l’Atlantique Est et en Méditerranée, ont été relevés de 20% par an entre 2015 et 2017, lors de la réunion de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Cicta), qui s’est conclue à Gênes (Italie) ce 17 novembre. Une hausse inquiétante pour les associations WWF, Pew et Oceana.

 

Victime de la surpêche pendant des décennies, le thon rouge du Nord (Thunnus thynnus) reconstitue à peine ses stocks depuis 2008. Ceux-ci sont ainsi passés de 150.000 tonnes à 585.000 t entre 2008 et 2013. Pour l’avenir, les scientifiques avaient préconisé de se contenter d’une hausse «modérée et progressive» des nouveaux quotas.

Un avis non pris en compte par les 49 membres de la Cicta (48 pays et l’Union européenne). Ceux-ci se sont au contraire entendus pour accroître le quota annuel, fixé à 13.500 t en 2014, à 16.142 t en 2015, et 19.296 t en 2016. Le quota 2017 s’élève pour l’heure à 23.155 t, mais il pourra être revu en fonction de l’évaluation des stocks prévue en 2016.

 

«Une hausse trop forte et trop rapide»

 

Le WWF a exprimé son inquiétude quant à cette augmentation «trop forte et trop rapide». «Il est difficile de qualifier de modérée une hausse annuelle moyenne de 20%. Nous craignons que les résultats des énormes efforts de conservation, réalisés au cours des dernières années, ne disparaissent très vite», a affirmé Sergi Tudela, responsable de la pêche au WWF Méditerranée. «20% par an pendant trois ans, ce n’est ni progressif ni modéré», estime aussi Pew Environment, ajoutant que «des contrôles plus stricts de la pêche illégale s’avèrent nécessaires pour éviter une pression supplémentaire sur l’espèce».

                                                                                                                                  

Une espèce vulnérable dans le Pacifique

 

Dans le Pacifique, les quotas ont été réduits de 15% pour 2014[1]. Dans cette partie du globe, selon la nouvelle liste rouge des espèces menacées diffusée ce 17 novembre par l’UICN[2], la menace sur le thon rouge (Thunnus orientalis) s’accroît en raison de la consommation croissante de sushis et de sashimis. Auparavant «préoccupation mineure», cette espèce est désormais considérée comme une «espèce vulnérable».

De son côté, l’ONG Oceana a dénoncé le nouvel échec de la Cicta à prendre une décision protégeant les requins (requin-taupe commun et requin-taupe bleu) et les espadons de Méditerranée, et à interdire la découpe des ailerons de requin, en raison d’un blocage de la Chine et du Japon. Même constat pour le gel des dispositifs de concentration de poisson (DCP), une nouvelle fois repoussé.

 

 

 

 

 



[1] Par rapport à la moyenne des prises entre 2002 et 2004

[2] Union internationale pour la conservation de la nature

 



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