Thon rouge: laxiste la justice française?

Le 09 septembre 2011 par Célia Fontaine
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Le tribunal correctionnel de Marseille a examiné, aujourd’hui 9 septembre, deux affaires de pêche illégale au thon rouge. France nature environnement (FNE) et sa fédération régionale en Provence Alpes Côte d’Azur (PACA) se sont constituées partie civiles.
 
5 des 8 espèces de thons connues sont aujourd’hui menacées d’extinction et devraient figurer sur la liste rouge des espèces menacées de l'Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn), selon une étude publiée le 7 juillet dernier (voir le JDLE).
 
Parmi les thons menacés figurent le thon rouge du sud (Thunnus maccoyii), en danger critique d'extinction; le thon rouge d'Atlantique et de Méditerranée (Thunnus thynnus), en danger; le thon obèse (Thunnus obesus) classé vulnérable; le thon jaune albacore (Thunnus albacares) et le thon germon (Thunnus alalunga,) tous deux quasi menacés.
 
Mais ce poisson, très prisé notamment pour la confection de sushis, continue d’être pêché sans que l’espèce ait le temps de se reconstituer. Et plus il devient rare, plus il se paye cher…
 
La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Iccat) a décidé fin 2010 de fixer les quotas de pêche au thon rouge à 12.900 tonnes pour 2011 pour la Méditerranée et 1750 tonnes pour l’Atlantique ouest. Soit 600 tonnes de moins qu’en 2010, mais toujours trop selon les associations environnementales.
 
La première affaire soumise au tribunal correctionnel de Marseille concerne deux navires accusés d’avoir pêché près de 700 kg de thons rouges en Méditerranée avec un filet maillant dérivant, un outil de pêche interdit au niveau communautaire depuis 2002.
Mais le tribunal a décidé de différer l’audience au 26 septembre prochain, nous informe Nathalie De Stefano, directrice et juriste de l’Union Régionale Vie et Nature FNE PACA.
 
a seconde affaire porte sur un autre navire qui a pêché avec un engin interdit plus de 2 tonnes de thon rouge. «Le procureur a requis une peine de 250 euros par chef d’accusation, avec sursis ainsi que 1000 euros d’amende, également avec sursis, ce qui est vraiment très peu, surtout qu’il s’agit d’un récidiviste», commente Nathalie De Stefano.
 
En effet, le pêcheur mis en cause a déjà été condamné en mars 2010 pour des faits similaires. «Les peines peuvent aller jusqu’à 22.500 euros d’amende, mais c’est le contexte économique qui est en cause», poursuit la juriste. 
 
Les prévenus dans cette affaire ne sont pas les plus «menaçants» pour l’espèce puisqu’il s’agit de pêche artisanale. Mais les auteurs d’infractions en pêche industrielle sont plus difficiles à «coincer», les actions prenant place dans les eaux internationales. «La pêche au thon rouge est symbolique de la difficulté de lutter pour la préservation de la biodiversité. Tant que les amendes ne seront pas dissuasives, ou que les navires ne seront pas immobilisés, le trafic du thon rouge a de beaux jours devant lui», conclut FNE.
 


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