Thon rouge: la France fait marche arrière, selon Greenpeace

Le 11 septembre 2009 par Sabine Casalonga
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Alors que la Commission européenne envisage d’interdire le commerce mondial du thon rouge, la France pencherait pour une solution moins contraignante, en recul par rapport à un engagement du Grenelle de la mer, ce que dénonce l’association Greenpeace.

L'exécutif européen a annoncé le 9 septembre soutenir une proposition de Monaco visant à inscrire le thon rouge sur l'Annexe I de la Cites (1). Toutefois, Bruxelles pourrait renoncer à cette interdiction si les pays concernés prenaient d’eux-mêmes des «décisions draconiennes pour protéger l'espèce» ou si les données scientifiques à venir montraient que les stocks s'améliorent, précise l’AFP.

La proposition de la Commission sera soumise aux Etats membres le 21 septembre. Si elle obtient une majorité, la position officielle de l'UE sera ensuite défendue en mars 2010 devant les 175 membres de la Cites, dont le Japon, principal consommateur mondial de thon rouge.

Au sein de l'UE, l'Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni sont en faveur d’une interdiction totale. En revanche, la France ne soutiendrait plus que l’inscription sur l’Annexe II de la Cites, beaucoup moins restrictive, mais avec la possibilité d'un moratoire sur la pêche pendant deux ans, selon l’AFP.

«La Commission européenne montre la voie, mais la France fait machine arrière», dénonce Greenpeace dans un communiqué du 8 septembre. De fait, en juillet, à l’issue du Grenelle de la mer, Nicolas Sarkozy avait confirmé le soutien de la France à l’inscription du thon rouge à «l’annexe de la convention internationale sur les espèces sauvages (Cites), pour en interdire le commerce» (2).

« Pourquoi Nicolas Sarkozy fait-il ainsi marche arrière, alors qu’il s’est engagé à tenir tous les engagements du Grenelle de la mer et à ne pas laisser disparaître le thon rouge? s’interroge François Chartier, chargé de campagne Océans pour Greenpeace. Au moment où l’Europe prend enfin conscience de l’urgence de protéger cette espèce, c’est incompréhensible! Seule une inquiétante perméabilité aux plus bas intérêts commerciaux à court terme permet de l’expliquer.»

«Nous nous félicitons que la Commission accepte, enfin, la gravité de la menace pesant sur le thon rouge, mais nous ne pouvons que regretter qu’elle refuse encore de prendre des engagements nécessaires à sauver cette espèce. Les Verts maintiennent leurs position en faveur d’une fermeture des pêcheries de thon rouge et de l’interdiction du commerce international jusqu’à la reconstitution des stocks », indique le groupe des Verts européens dans un communiqué.

(1) Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction
(2) Dans le JDLE «Sarkozy défend les conclusions du Grenelle de la mer»


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