Thon rouge : « Il faut cesser de noyer le poisson »

Le 16 novembre 2010 par Célia Fontaine
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A la veille de la 17e réunion de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (Iccat selon l’acronyme anglais), des ONG s’unissent pour défendre le thon rouge.

 

Du 17 au 27 novembre, les 48 Etats membres de l’Iccat devront décider de l’avenir de la pêche en Méditerranée. Greenpeace, Oceana, le groupe Pew Environnement et le WWF ont demandé aujourd’hui 16 novembre la fin de la pêche industrielle par les thoniers senneurs, et l’arrêt de toute pêche illégale.

 

« Ces 30 dernières années, les membres de l’Iccat n’ont pas réussi à éviter le déclin dramatique des populations de poissons qu’ils doivent gérer », se désole Pew Environnement. Surpêche, tricheries, marché noir (dans le JDLE), et abus sont légions dans ce secteur.

 

Pourtant, la réglementation (européenne) impose aux Etats membres de procéder à des inspections des activités tout au long de la chaîne de production des produits de la pêche (débarquement, transformation, transport et commercialisation). L’utilisation des technologies d’inspection modernes, telles que le système de surveillance des navires par satellite (VMS), les journaux de bord électroniques et la notification électronique des données de captures, a été étendue par un règlement de 2009. Ce texte introduit également un système de pesage systématique des captures. « Malgré ces contrôles, il est impossible d’avoir des données fiables, en raison du coût important que cela implique », explique François Chartier, en charge de la campagne Océans de Greenpeace France. « Comme le poisson ne sort pas de l’eau quand il est emmené vers les fermes d’engraissement, cela permet de tricher », poursuit-il.

 

Affaiblie par ces pratiques, la population de thons rouges a besoin de se reconstituer[1]. « Il faut créer davantage de sanctuaires en Méditerranée (et dans le golfe du Mexique), là où les poissons viennent se reproduire avant de repartir pour l’Atlantique », plaide Pew Environnement.

 

Les associations ont également rappelé la cause de cette situation : la surcapacité de la flotte industrielle. « De très fortes subventions européennes ont été allouées pour permettre à la flotte de se développer, c’est pour cela qu’aujourd’hui les bateaux pêchent en quelques jours leurs quotas », explique Marie-José Gornax, d’Oceana. Pour mémoire, les quotas pour 2010 étaient de 13.500 tonnes, ce qui est trop pour la survie des thons et pourtant économiquement non viable pour les pêcheurs.

 

« Des engagements internationaux ont été pris, à Johannesburg ou à Nagoya, il faut maintenant s’y conformer », rappelle Sergi Tudela, du programme Pêche de WWF Méditerranée. Lors de la 15e Conférence des parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) qui s'est tenue à Doha au Qatar en mars dernier (dans le JDLE), les Etats membres de la Cites ont voté contre l’interdiction du commerce international du thon rouge. Mais les représentants de l’Iccat ont déclaré que les deux instruments internationaux avaient tout à gagner d'une coopération efficace. « Ils se sont engagés à faire le nécessaire pour que cette coopération et cette complémentarité soient à l'ordre du jour de la réunion qui s'ouvre cette semaine à Paris », souligne l’association Robin des bois, dans un communiqué du 16 novembre. Le ministère français de l’environnement et celui de la pêche avaient en outre annoncé, dans un communiqué commun du 18 mars 2010, qu’ils continueraient à agir en faveur de la protection du thon rouge via un classement en annexe II de la Cites.

 

« Comme il y a aujourd’hui une incertitude énorme sur l’avenir du thon rouge, il faut appliquer le principe de précaution pour établir les quotas de pêche. Et ne pas prendre de décisions avec une boule de cristal », concluent les associations.

 



[1] Selon les associations, la population de thons rouges a décliné de 85 % depuis 1970



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