The Wind Power to the Queen!

Le 21 juin 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Du côté des roturiers, la résistance s'organise.
Du côté des roturiers, la résistance s'organise.

La reine d’Angleterre et les grands aristocrates britanniques profitent très largement du boom éolien que connaît le Royaume-Uni.

Contrairement à la France, le fond marin britannique appartient à la Couronne d’Angleterre et donc, pour le moment, à Elisabeth II. Chaque énergéticien qui entend y installer un parc éolien marin doit donc non seulement y être dûment autorisé par le gouvernement, mais aussi verser des royautés à la reine, ou plus exactement à l’institution chargée de veiller sur ses biens, le Crown Estate.

Mécaniquement, plus nombreuses sont les éoliennes offshore (et le Royaume-Uni prévoit d’en mettre en service 12.000 mégawatts supplémentaires d’ici 2020), plus le pécule de la locataire de Buckingham Palace grossit.

Ce qui se produit effectivement. Aujourd’hui, ledit Crown Estate a annoncé avoir accru la valeur des biens royaux (désormais évalués à plus de 8 milliards de livres (10 milliards d’euros), en hausse de 11% en un an), mais surtout avoir dégagé 240,2 M£ (298,4 M€) de profits: un chiffre en progression de 4% par rapport à 2011. Cette bonne performance est en partie imputable aux royalties croissantes dégagées par l’activité éolienne marine. «Dans le domaine marin, écrit le gestionnaire des actifs de sa majesté, les revenus générés par le secteur renouvelable ont plus que doublé, atteignant 7,8 M£, contre 3,5 M£ (9,7 M€ contre 4,3 M€) l’année passée.»

Pas mal, mais ça n’est qu’un début. «La capacité d’éolien marin, installée ou en construction, atteint 4,2 gigawatts; 900 MW supplémentaires ont été autorisés et les dossiers portant sur 4 GW sont en cours d’instruction. La capacité éolienne marine installée est sur le point de doubler chaque année», s’enthousiasme le rédacteur du Crown Estate.

Le contribuable britannique ne devrait pas partager très longtemps cette joie à peine contenue. Depuis une judicieuse réforme fiscale mise en œuvre par l’actuel Chancelier de l’échiquier, le montant de la dotation annuelle attribuée à l’Etat à la souveraine pour assurer les dépenses de sa maison est directement indexé sur les bénéfices dégagés par le… Crown Estate.

A l’heure où ses sujets sont financièrement pressurés de tous côtés, Elisabeth II va voir ses revenus directs passer de 31 à 36,1 M£ (de 38,5 à 44,8 M€): +16%! Oubliée l’annus horribilis!

Mais sa majesté la reine n’est pas la seule à profiter du développement accéléré de l’énergie éolienne. En Ecosse, le comte de Moray est réputé toucher 2 M£ (2,5 M€) par an pour accueillir sur ses (vastes) domaines 49 turbines. Son voisin, le duc de Roxburghe n’engrangerait «que» 1,5 M£ (1,8 M€) de loyer annuel pour les 48 machines installées à Lammermuir Hills. Le cousin de la reine, le duc de Gloucester, tente désespérément de faire accepter à ses voisins du Northamptonshire l’érection de seulement 8 aérogénérateurs, censés lui rapporter un bonus annuel de 20.000 £ (24.850 M€) par machine. Le comte de Seafield, le 7e plus gros propriétaire foncier du royaume selon The Guardian, perçoit la bagatelle de 120.000 £ (149.000 €) par an pour laisser tourner les éoliennes de son Banffshire estate.

Last but not least, le baronet Reginald Sheffield, le propre beau-père du premier ministre David Cameron, a du mal à admettre qu’il reçoit chaque année 120.000 £ de primes éoliennes pour les 8 turbines qu’il a laissé installer dans sa propriété de Bagmoor, dans le Lincolnshire.



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