TGV: les DUP des lignes bordelaises validées par le Conseil d’Etat

Le 26 mai 2016 par Marine Jobert
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Deux lignes trop chères et pas rentables, mais validées.
Deux lignes trop chères et pas rentables, mais validées.
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Le gouvernement signera bientôt la déclaration d’utilité publique nécessaire à la réalisation de 237 km de voies dans le Sud-ouest. Les recours juridiques ne sont pas épuisés.

La déclaration d’utilité publique (DUP) pour les travaux de la ligne à grande vitesse Bordeaux-Dax et Bordeaux-Toulouse devrait être signée et publiée avant le 8 juin[1]. C’est l’annonce faite par Alain Vidalies, quelques heures après l’avis favorable rendu le 24 mai par le Conseil d’Etat. Le secrétaire d’Etat aux transports salue «cette étape majeure», qui pourrait ouvrir la voie à la construction de deux tronçons totalisant 327 kilomètres, dont un tronc commun de 55 km. Ces deux nouvelles lignes doivent influer sur 4.800 hectares, dont 73 de vignes AOC. Leur construction nécessitera la réalisation de 82 viaducs, 2 tunnels, 5 tranchées ouvertes, 68 ponts, 109 passages à faune. Au final, Bayonne et Toulouse seraient à 3h15 de Paris, Mont-de-Marsan à 2h35 et rallier la ville rose depuis Bordeaux ne prendrait plus qu’une heure.

Avis défavorable

L’affaire était pourtant mal engagée. Fait unique dans ce genre de dossier, les commissaires-enquêteurs avaient rendu un avis négatif sur le projet, en mars 2015. En cause: le coût du projet (autour de 9 milliards d’euros), un bilan socio-économique peu convaincant, l’absence de solutions alternatives aux deux tracés et un bilan environnemental et carbone désastreux.

140 propriétaires indivis

Les opposants aux projets ont deux mois à compter de la date de parution de la DUP au Journal officiel pour déposer des recours. 140 d’entre eux ont annoncé, au lendemain de l’avis du Conseil d’Etat, avoir acheté en secret deux parcelles de terrain sur le futur tracé de la LGV afin d'entraver le projet. Les 1.800 mètres carrés acquis en indivision en 2011, avant que la vente des terrains ne soit gelée, constituent à leurs yeux un «acte de résistance face à un déni de démocratie». Les 140 copropriétaires vivent un peu partout en France et à l'étranger. L’expropriation risque d’être «longue et complexe», ont-ils expliqué à France Bleu Gascogne.

Contradictions nationales

«C'est donc une longue et incertaine phase de contentieux et de recours qui s'ouvre, a regretté Gilles Savary, député socialiste de Gironde. Sur fond de contradictions nationales entre les priorités affichées à Paris de rigueur budgétaire, de protection de la biodiversité et de nos terroirs viticoles, et d'investissements ferroviaires de service public plus utiles, et cette décision politique pharaonique qui les contredisent!»

 

 



[1] Soit 18 mois après la clôture de l’enquête publique.

 



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