Textiles: vers une restriction des sensibilisants cutanés

Le 29 avril 2019 par Romain Loury
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Des substances omniprésentes
Des substances omniprésentes

L’Anses et son homologue suédoise, la KEMI, ont proposé à l’agence européenne des produits chimiques (ECHA) une restriction de plus de 1.000 sensibilisants cutanés dans les textiles.

Métaux lourds, chrome, nickel, 1,4-paraphénylène diamine (PPD), nonylphénols et nonylphénols éthoxylates (sensibilisants cutanés), mais aussi colophane formaldéhyde, etc… les sensibilisants et irritants cutanés, voire substances cancérigènes, sont légion dans les vêtements et chaussures, comme le révélait l’Anses[i] en juillet 2018.

En collaboration avec l’agence suédoise des produits chimiques (KEMI), l’agence française s’est attelée à un travail visant à la restriction de ces substances dans les textiles. Elle s’est chargée de définir les méthodes permettant d’identifier les substances présentes dans certains articles, tandis que la KEMI a analysé les options de gestion des risques au titre du règlement REACH.

Une proposition soumise à l’ECHA

Au final, les deux agences ont élaboré, à destination de l’ECHA, une proposition de restriction d’un millier de ces substances dans les textiles, les cuirs, les fourrures et les peaux. A savoir l’ensemble des substances classées comme sensibilisants cutanés au titre du règlement CLP (classification, étiquetage et emballage) et 25 colorants aux actions sensibilisantes.

Pour les colorants, les deux agences demandent tout simplement l’interdiction complète, d’autant que leur substitution est déjà en cours en Europe. Quant aux autres, elles proposent plusieurs seuils abaissés, par exemple de 1 mg/kg pour les composés du chrome VI (contre 3 mg/kg actuellement), de 130 mg/kg pour le nickel dans les textiles et de 110 mg/kg dans les cuirs (aucun seuil actuel).

Vers une inscription dans REACH

Cette proposition sera prochainement soumise à consultation publique par l’ECHA, pour une durée de six mois. L’agence européenne transmettra ensuite un avis à la Commission européenne, qui statuera sur l’adoption de cette restriction. Si elle est adoptée, elle sera incluse dans le règlement REACH (n°1907/2006) et deviendra obligatoire pour tout textile, cuir, fourrure ou peau commercialisé dans l’UE.



[i] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

 



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