Terres rares: un projet pour favoriser le recyclage

Le 29 juin 2017 par Romain Loury
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Une "mine urbaine" à explorer
Une "mine urbaine" à explorer

Face à la fragilité des approvisionnements en terres rares, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a lancé un projet de recherche pour les extraire des aimants présents, notamment, dans les disques durs. Intitulé EXTRADE, il a fait l’objet d’un colloque mercredi 28 juin à Orléans.

Composants majeurs de l’électronique (smartphones, ordinateurs, télévisions, voitures, etc.), ces matériaux constituent pour les pays développés une préoccupation majeure, du fait du quasi-monopole chinois sur leur extraction (98% de la production mondiale).

Pour le Japon, dont l’économie est très dépendante de ces métaux, c’est même une source de tension avec la Chine, qui en 2010 a même momentanément suspendu leur exportation vers le Japon, en pleine crise diplomatique sur les îles Senkaku.

Pour le BRGM, «la question fondamentale est d’assurer à temps l’approvisionnement des industries manufacturières pour lesquelles ces alliages et composés chimiques élaborés à partir de métaux rares sont indispensables, alors même que leur disponibilité présente des vulnérabilités à différents niveaux de leur chaîne d’approvisionnement».

Un projet lancé en 2013

Face à un tel risque, la France a mis en place en janvier 2011 un comité pour les minéraux stratégiques (COMES), structure de concertation entre Etat et entreprises afin d’affronter le risque de pénuries des terres rares. Et en 2013, le BRGM lançait le projet EXTRADE, qui vise à mettre en place «des techniques performantes de récupération, de traitement et de valorisation des aimants permanents contenus dans les D3E», explique le BRGM.

Le projet s’attache particulièrement aux aimants, riches en terres rares, présents dans les disques durs d’ordinateurs, les haut-parleurs des matériels audio et vidéo et les petits moteurs électriques présents dans les TIC (Technologies de l’information et de la communication) et les PAM (Petits appareils ménagers).

Une «mine urbaine» à creuser

Comment extraire les métaux rares de cette «mine urbaine», comme la surnomme Nour-Eddine Menad, expert en développement des procédés de recyclage au BRGM et coordinateur d’EXTRADE? D’abord de manière mécanique, par broyage, ce qui donne lieu à un «concentré d’aimants», riche en néodyme (l’une des 17 terres rares), en fer et en bore.

Il est ensuite possible, par utilisation de solutions acides, d’obtenir une solution riche en terres rares. Une fois précipitées par voie chimique, ces terres rares pourront être utilisées pour créer d’autres aimants, mais «pas les mêmes», reconnaît Nour-Eddin Menad.

«L’objectif, c’est de mettre en place des filières de recyclage des disques durs en Europe. Pour le moment, on collecte mal ces objets», observe-t-il. Selon le BRGM, cette mine urbaine que constitue les D3E, «estimée aujourd’hui à 25 kg par an et par habitant, constitue une véritable source de métaux à des teneurs souvent plus importantes que les gisements primaires», environ 200 fois plus élevées.



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