Terres rares : peut-on exploiter le gisement japonais ?

Le 12 juillet 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En début de semaine passée, la presse mondiale s’est faite l’écho d’une importante découverte. Dans un article publié par Nature Geoscience, des chercheurs japonais affirmaient avoir trouvé d’importants gisements de terres rares : 100 milliards de tonnes, soit plus de 1.000 fois la concentration que l'on trouve sur la terre.
 
Un seul site, baptisé 1222, pourrait receler l’équivalent de 20% de la production annuelle mondiale de ces métaux.
 
Etonnante, la nouvelle n’a pas fait bondir de joie la totalité de la communauté scientifique. Bien au contraire.
 
Sans remettre en cause la découverte, certains, comme Porter Hoagland, doutent de la rentabilité de l’exploitation des gisements sous-marins. «Exploiter le site 1222 nécessite d’excaver le sous-sol marin sur une épaisseur de 70 mètres, d’en extraire les minerais et de remettre les matériaux sur le fond marin», estime l’économiste de la Woods Oceanographic Institution. Le tout par 4.000 mètres de profondeur.
 
James Hein, du service géologique américain (USGS, selon l’acronyme en anglais) doute, lui aussi, de l’économie du projet. Selon une étude du consultant Ernst & Young, le marché mondial des terres rares pèse entre 2 et 3 milliards de dollars par an. Or, vouloir exploiter des gisements sous-marins profonds de terres rares nécessitera de mettre en œuvre des technologies inédites et de réaliser des investissements considérables ; ce que peu d’acteurs semblent prêts à réaliser.
 
Autre interrogation : l’impact environnemental. Les experts estiment que la technique d’exploitation la plus simple serait d’aspirer vers la surface la partie superficielle des sédiments. Ce qui aurait pour conséquence de détruire le biotope des grands fonds (encore peu connu) sur d’importantes surfaces. «On ne sait pas comment limiter l’impact environnemental d’une telle opération, ni s’il est possible de restaurer l’écosystème après coup», s’interroge Cindy Van Dover, océanographe à l’université Duke.


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