Terra Nova propose de réduire notre consommation de viande

Le 23 novembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plus d’un milliard d’animaux sont abattus chaque semaine dans le monde.
Plus d’un milliard d’animaux sont abattus chaque semaine dans le monde.

Pour réduire notre bilan carbone, notre facture sanitaire et améliorer le sort de millions d’animaux, le centre de réflexion propose de réduire notre appétit pour les produits carnés. Et de développer la consommation de protéines végétales.

 

Après l’OMS ou la FAO[1], au tour de Terra Nova de proposer une baisse de la consommation de viande. Dans un rapport publié ce jeudi 23 novembre, le club de réflexion ‘progressiste’ rappelle, comme beaucoup d’autres avant lui, les piètres effets environnementaux et sanitaires d’une trop grande consommation de protéines animales.

Des animaux qui paient d’ailleurs un très lourd tribut à notre insatiable appétit de bidoche. «Un peu plus d’un milliard d’animaux doivent être abattus chaque semaine à travers le monde pour satisfaire cette demande en expansion», rappelle l’étude. Au début du XXIe siècle, le Français engloutissait près de 100 kilos équivalent carcasse par an: 5 fois plus qu’au démarrage de la révolution industrielle.

La viande toujours à la carte

Dynamisée par la croissance démographique et l’élargissement de la classe moyenne dans les pays émergents et en développement, la demande mondiale de barbaque devrait bondir de 75% d’ici 2050.

Cela ne sera pas sans heurts, prévient le think tank. Dans son ensemble, les cheptels consomment 800 millions de tonnes par an de céréales (40% de la production mondiale) et 250 Mt de soja. «En plus des pâturages, l’élevage mobilise aujourd’hui, pour la production fourragère, un tiers des terres cultivables de la planète.»

Dans certains pays, la terre résiste peu de temps au piétinement des sabots. Il faut donc régulièrement déforester pour ouvrir de nouveaux pâturages. La digestion entérique des ruminants (fortement productrice de méthane) et la coupe des forêts contribuent massivement au renforcement de l’effet de serre. Se basant sur des rapports de la FAO, Terra Nova rappelle que la production de viande est à l’origine de 15 à 18% des émissions mondiales de GES.

Piètre bilan nutritionnel

Rapporté au bilan nutritionnel, le bilan est médiocre: «La part de l’élevage dans les émissions totales de GES produites par l’alimentation est de 50%, alors que l’apport calorique de ses productions n’est que de 20%.»

Au plan sanitaire, le menu viandard est désastreux. L’OMS a d’ailleurs classé la charcuterie probablement cancérigène et la viande rouge cancérigène certainement.

Un poids croissant. Selon le Citepa[3], l’agriculture a été à l’origine de 20% des émissions internes françaises de GES en 2015, contre 17% en 1990. Avec 9% des émissions, l’élevage arrive en troisième position derrière les voitures diesel (12%) et les logements (11%).

Pour tenter d’inverser la vapeur carnée, le think tank propose «de diviser par deux notre consommation de chair animale et d'inverser le ratio actuel de protéines animales et végétales dans notre alimentation, c'est-à-dire de viser une alimentation où 60% des protéines seraient d'origine végétale [contre environ 40% aujourd'hui]».

Quelques recettes pour y parvenir: généraliser l'option du repas alternatif végétarien et d'un jour végétarien par semaine dans la restauration scolaire, former les cuisiniers aux enjeux de la transition alimentaire, inciter les organismes publics de recommandation (PNNS, PNA[2]) à promouvoir régulièrement les protéines végétales, mieux valoriser les végétaux.

Les agriculteurs ne sont pas laissés pour compte: créer un contrat de transition pour les éleveurs souhaitant se reconvertir, développer des aides herbagères agro-environnementales, consacrer une part plus substantielle des aides de la politique agricole commune (PAC) à la conversion à l’agriculture biologique. Terra Nova propose enfin d’inciter les investisseurs à s’intéresser aux acteurs de la ‘food tech’ travaillant sur l’alimentation produite à partir de protéines végétales. On n’a pas fini de manger du tofou.

 



[1] OMS: Organisation mondiale de la santé

FAO: Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture

[2] PNNS: Programme national nutrition santé

 PNA: Programme national pour l’alimentation

[3] Citepa : Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique 

 

 



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