Terminal 2E: les raisons de l’effondrement

Le 16 février 2005 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
terminal 2E
terminal 2E

Jean Berthier, a rendu mardi à Gilles de Robien son rapport sur les causes de l'effondrement d'une partie du terminal 2E de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, le 23 mai dernier. La qualité des matériaux, béton ou acier, ne semble pas en cause, mais plutôt la forme originale du bâtiment, car les efforts auraient été mal calculés.

Selon la commission d'enquête administrative présidée par Jean Berthier, du Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France, l'écroulement résulte de deux événements quasi simultanés et en interaction: d'une part, le pliage et la perforation de la coque en béton armé par les butons qui devaient la soutenir, et d'autre part, la rupture et la chute de la poutre sablière qui supportait la coque. Les enquêteurs se sont fondés, non sur les pièces, mais sur des photos et des documents, afin de ne pas déborder sur la procédure pénale en cours.

Les enquêteurs ont constaté que la structure de la zone effondrée n'a pas été conçue comme les autres zones du terminal. Le béton y est réparti de manière équilibrée alors que la zone effondrée comporte trois arcs tronqués portant des passerelles. Tous les efforts étaient donc reportés sur les trois éléments pleins de la coque. Lors de la conférence de presse, Jean Berthier a précisé qu'il fallait donc «se garder de tirer des conclusions pour les autres zones du terminal.»

Un élément essentiel semble la forme en ellipse de la coque. Pour prévenir sa tendance à l'affaissement, la coque était retenue par des tirants métalliques, tirants et coque solidarisés par une dizaine de butons perpendiculaires à la coque. Ces pièces de soutien métalliques supportaient une pression très forte d'environ 95 tonnes. Or, des fissures ont été observées sur les lignes des butons des trois éléments pleins de la coque. La forme de la coque a en outre empêché les bureaux d'étude de réaliser des calculs classiques sur les contraintes et les efforts liés à la structure. «Il a fallu passer par une modélisation, explique Jean Berthier. Dans le cas d'ouvrage d'art, on procède à deux modélisations différentes pour comparer les résultats. Mais les bureaux d'études se contentent la plupart du temps des résultats d'un seul modèle pour les bâtiments. C'est ce qui s'est produit dans ce cas.» Enfin, la commission a observé la présence anormale de fissures sur la poutre sablière.

Selon le président de la commission d'enquête, «la coque était le 23 mai dernier au bord de la mort. Et nous avons deux hypothèses pour savoir quel événement est à l'origine du coup de grâce.» La première cause envisagée est la température extrêmement basse enregistrée pour un mois de mai. Ce matin-là, il a fait environ 4°C alors que la température a atteint environ 20°C les jours précédents. La variation brutale de température a entraîné des efforts supplémentaires sur la coque. La seconde est le décrochage de l'étrier de la partie sud.

Dans un communiqué de presse, le ministre chargé des transports a annoncé qu'il allait examiner «les propositions de la commission pour améliorer les règles et pratiques concernant les constructions non courantes, pour adapter les modalités d'étude et de contrôle liées à leur complexité, et instaurer, dans certains cas, un suivi de la vie des ouvrages.»




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus