Tempête sur les oiseaux pélagiques et les côtes de l’Atlantique

Le 10 février 2014 par Stéphanie Senet
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Des galettes d'hydrocarbures s'entassent sur le littoral depuis le 5 février
Des galettes d'hydrocarbures s'entassent sur le littoral depuis le 5 février

Sombre week-end pour les oiseaux pélagiques du littoral atlantique. Plus de 5.000 morts ont été recensées, le 9 février, entre le Finistère et les Pyrénées-Atlantiques, par la Ligue de protection des oiseaux (LPO).

«La plupart de ces oiseaux sont morts d’épuisement, les vents puissants et la houle les empêchant de voler et de pêcher», explique Nicolas Gendre, ornithologue à la LPO.

Sur la façade atlantique, la tempête Qumaira (qui a suivi de peu la tempête Petra) a surtout frappé les macareux moines (Fratercula arctica). En Charente-Maritime, le département qui semble pour l’instant le plus touché, «1.000 oiseaux de cette espèce ont été retrouvés morts dimanche soir contre 120 seulement deux jours plus tôt», note Nicolas Gendre, qui craint que le bilan ne s’alourdisse encore au cours des prochains jours.

Le guillemot de Troïl (Uria aalge) représente la deuxième espèce la plus touchée, loin devant les fous de Bassan (Morus bassanus), les mouettes tridactyles (Rissa tridactyla) et les petits pingouins Torda (Alca Torda).

«Cette situation est tout à fait exceptionnelle, exception faite des marées noires ou des pollutions majeures. Nous n’avions jamais observé un tel phénomène en cas de tempête», analyse le responsable des programmes de la LPO.

 

Dégazages et remontées d’hydrocarbures

La tempête a provoqué un deuxième préjudice sur le littoral. Des boulettes et des galettes d’hydrocarbures se sont en effet répandues sur les côtes atlantiques dès le 5 février. Selon les préfectures des départements littoraux, ces rejets proviendraient d’hydrocarbures différents, et pourraient être le fruit de plusieurs dégazages. Un phénomène malheureusement habituel par gros temps. Il n’est toutefois pas exclu que certaines galettes aient été relarguées par des épaves coulées depuis des années. Selon une étude réalisée par le Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre), plus de 8.500 navires (dont 1.583 pétroliers) reposent au large des côtes françaises. Des bateaux dont les cuves recèleraient encore entre 2,5 et 20 millions de tonnes d’hydrocarbures.

La réponse ne devrait plus traîner. Les experts du Cedre achèvent les analyses de prélèvements d’hydrocarbures en les comparant avec les échantillons de sa base de données, précise Christophe Rousseau, adjoint au directeur.

Le pétrole n’a pas seulement pollué les plages, fermées pour le nettoyage. Selon la LPO, environ 5% des oiseaux retrouvés morts ont été mazoutés (dans les 250 au 10 février).

 

Les communes littorales portent plainte

Ces dégâts commencent à faire réagir. Plusieurs communes du littoral ont annoncé, ce 10 février, avoir porté plainte. Il s’agit du Croisic, de Saint-Brevin-les-Pins et de Piriac-sur-Mer (Loire-Atlantique). Le plan Polmar n’ayant pas été déclenché par l’Etat, le nettoyage des plages reste à la charge des municipalités. Celles-ci espèrent être indemnisées si l’enquête judiciaire réussit à identifier des responsables des boulettes de fioul. Selon la préfecture du Morbihan, le département le plus touché, les boulettes et les galettes d’hydrocarbures maculent déjà 3% du littoral.

Des épaves, il faut en compter une de plus. Le 5 février, le cargo espagnol le Luno, s’est encastré sur une digue d’Anglet (Pyrénées-Atlantiques). Victime d’une avarie électrique, le navire de plus de 3.000 tonnes s’est coupé en deux.

Si le pompage a été réalisé dans la journée du 8 février, par la société néerlandaise Smit Salvage, aidée de techniciens de la lutte anti-pollution de la Marine nationale, 20 t de gazole ont été déversées dans la mer lors du naufrage, sans dommage, semble-t-il pour la plage. Selon le sous-préfet de Bayonne, le risque de marée noire est écarté sur la côte basque, mais la LPO craint un possible relargage de fioul d’épaves malmenées par les mouvements d’eau générés par les tempêtes. Par ailleurs, il faut encore évacuer l’épave. Les services de l’Etat, l’armateur, les assureurs et les élus d’Anglet devaient, ce 10 février, définir une stratégie de démantèlement du vraquier.



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