Téléphonie mobile: mais que fait Bruxelles?

Le 12 octobre 2011 par Geneviève De Lacour
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Trois députés européens ont demandé mardi 11 octobre à la Commission européenne de travailler sur le risque cancérigène des ondes des téléphones mobiles et de préparer une proposition pour harmoniser les normes dans l'Union européenne. «Nous sommes au-delà de la phase d'alerte concernant l'utilisation abusive de la téléphonie mobile», affirme l'eurodéputée française Michèle Rivasi.

«Le risque de tumeur au cerveau a été démontré. Dorénavant, ce n'est plus le principe de précaution qui s'applique, mais le principe de prévention. Il est temps maintenant d'agir. Cela veut dire qu'il faut réviser les normes recommandées à l'échelle de l'Union», affirme l’élue des Verts européens.

L'eurodéputée libérale belge Frédérique Ries a rappelé que les limites d'exposition du public aux champs électromagnétiques n'avaient pas été modifiées en Europe depuis 1999, soit une époque où les appareils sans fil (GSM, téléphone DECT (numérique), wifi) n'étaient pas encore un objet du quotidien.

L'élu socialiste grec Kriton Arsenis a, pour sa part, fait état de deux études scientifiques indépendantes signalant les premières alertes sur les effets cancérigènes de l'utilisation de téléphones mobiles chez des enfants et des femmes enceintes.

«Nous avons trouvé une augmentation du risque de neurinomes acoustiques et de tumeurs cérébrales malignes avec l’usage de téléphone mobile ou sans fil. Le risque augmente au fil des années et du temps passé au téléphone. Le risque le plus élevé se trouve chez les usagers d'un téléphone mobile ou sans fil avant l’âge de 20 ans», déclare Lennart Hardell, professeur d’oncologie à l’hôpital universitaire d’Orebro, en Suède.
 
«De nombreuses fois par le passé, nous n'avons pas réagi à des signaux précoces qui furent suivis par des tragédies de santé publique», déplore le député grec qui, sur la base du principe de précaution, demande à la Commission européenne d’«immédiatement informer le public des moyens permettant de réduire l'exposition aux rayonnements du téléphone mobile, réduire les normes limitant l'exposition du public et encourager les études scientifiques indépendantes afin de renforcer la recherche sur ces alertes préliminaires».
 
A ce sujet, le Comité scientifique des risques sanitaires émergents et nouveaux (Scenihr), à l'origine des recommandations qui ont conduit à l'adoption des premières normes européennes en 1999, doit se réunir les 16 et 17 octobre prochain.
 
Les trois députés souhaitent que cette instance englobe l’ensemble des études menées à ce jour, un travail d’inventaire des études scientifiques qu’ils comparent à celui réalisé par l’Agence de sécurité sanitaire française (Anses) sur le Bisphénol A. Ils demandent également qu’une évaluation des normes européennes soit réalisée, en associant à ces travaux des experts indépendants à l'origine d'études sur les dangers des champs électromagnétiques. «Nous souhaitons qu'ils tiennent compte des nouvelles études et de la position du Circ ? qui a reconnu les risques cancérigènes des champs électromagnétiques.» Et Michèle Rivasi d’ajouter: «J’aimerais que les scientifiques se basent sur une notion d’alerte et n’essaient pas d’atteindre à tout prix le consensus scientifique qui retarde le processus de protection des populations».
 
Enfin, l'objectif de cette démarche est d'amener la Commission européenne à proposer une harmonisation des normes au niveau de l'UE, conclut l’eurodéputée.
 
 


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