Téléphones portables: l’Italie condamnée à informer

Le 21 janvier 2019 par Marine Jobert
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Une campagne d'information à mener dans les 6 mois.
Une campagne d'information à mener dans les 6 mois.

L’Etat italien devra mener dans les prochains mois une campagne d’information sur les modalités d’utilisation correctes des téléphones mobiles et sur les risques pour la santé et l’environnement liés à leur mauvaise utilisation. Là-bas aussi, les enfants concentrent les inquiétudes.

L’Etat italien s’est fait remonter les bretelles par un tribunal administratif de Rome sur l’une des activités les plus populaires du pays: ‘il telefono cellulare’. Dans un jugement rendu public mi-janvier que Le journal de l’environnement a pu consulter, la justice enjoint l’Etat à «mener une campagne d’information destinée à l’ensemble de la population», avec pour objet «l'identification des modalités d'utilisation correctes des appareils de téléphones mobiles (cellulaires et sans fil) et des informations sur les risques pour la santé et l’environnement liés à mauvaise utilisation de tels dispositifs.»

Utilisation plus éclairée

Campagne qui doit être menée dans les 6 mois, en coopération entre ministères de l’éducation, de la santé, de l’environnement et de la recherche, et qui supposera «la réalisation d’une activité d’enquête visant l'identification des risques associés à l'exposition du corps humain aux champs électromagnétiques, et l'identification des précautions à prendre (tant du côté des utilisateurs que des producteurs) afin de limiter leurs effets potentiellement néfastes sur la santé». Objectif: sensibiliser les utilisateurs «à une utilisation plus éclairée des équipements téléphoniques mobiles, afin de préserver le droit à la santé, qui est un droit protégé par la Constitution».

Jeunes utilisateurs ciblés

Pour en arriver à cette conclusion, le tribunal s’est concentré, sources scientifiques à l’appui, «sur les risques pour la santé et l’environnement découlant d’une utilisation inappropriée des téléphones mobiles, en particulier pour les jeunes utilisateurs, sur la base des dernières recherches scientifique». Autant d’arguments qui «n'ont pas été efficacement contestés par les administrations résistantes, qui se sont bornées à invoquer l'irrecevabilité de cette seconde demande».

Mépris des électrosensibles

Alors qu’en France, la téléphonie analogique entame son chant du cygne pour s’éteindre en 2023, l’association Robin des toits –qui a repéré cette décision– veut attirer l’attention sur le fait que «de plus en plus de personnes souffrent cruellement [des effets sanitaires des radiofréquences] dans un mépris encore très ostensible». L’alerte est d’autant plus vive du côté des enfants, comme le soulignait l’Anses[1] en juillet 2016. L’agence préconisait alors que les niveaux de référence visant à limiter l’exposition environnementale aux champs électromagnétiques radiofréquences (liée aux sources lointaines) soient «reconsidérés», dans le but «d’assurer des marges de sécurité suffisamment grandes pour protéger la santé et la sécurité de la population générale, et tout particulièrement celles des enfants». L’été 2018, c’est la mémoire des adolescents, grands utilisateurs, qui préoccupaient une équipe suisse. Sur fond de déploiement des tablettes numériques dans les établissements et d’allégement des normes d’urbanisme pour l’implantation des antennes-relais, Robin des toits enjoint à l’Etat français de «ne pas être acteur d’une crise sanitaire d’importance qui pointe déjà le bout de son nez» en menant «une réelle information sur les effets sanitaires des technologies sans fil et des codes de bonne utilisation liés à ces appareils.» Avec ou sans décision de justice?

 



[1] Anses: Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail

 



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