Téléphone portable: risques aggravés à la campagne

Le 19 mai 2005 par Claire Avignon
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portable blond
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Une étude scientifique montre que le risque sanitaire lié à l'utilisation des téléphones portables est plus important à la campagne qu’en ville. Les résultats, repris par l'association Agir pour l'environnement, relancent la polémique sur les effets des portables.

Dans le prochain numéro de la revue scientifique Occupational and environmental medicine, une équipe de chercheurs suédois montre que le risque de contracter une tumeur au cerveau augmente lorsqu'on se sert d'un téléphone portable dans une zone rurale par rapport à une zone urbaine. Les habitants de la campagne utilisant un téléphone portable sont associés à un odds ratio (1) de 3,4 lorsqu'ils utilisent un téléphone portable depuis plus de cinq ans. Selon Lennart Hardell, principal auteur de l'étude, l'augmentation de risque ne peut pas s'expliquer par des facteurs socio-économiques tels qu'une durée des appels plus longue en milieu rural qu'urbain. C'est pourquoi l'étude avance l'hypothèse que le signal électromagnétique émis est plus fort en zone rurale, étant donné que les distances entre les antennes relais sont plus importantes.

L'étude a porté sur 1.429 personnes souffrant de tumeurs au cerveau bénignes ou malignes et sur un groupe témoin de 1.470 personnes vivant au centre de la Suède. «Notre étude est la première qui recense un nombre substantiel de cas et qui prenne en compte le lieu de résidence dans les analyses liant l'utilisation des téléphones portables et le risque de tumeur du cerveau», estiment les auteurs. Ils concèdent toutefois que les statistiques sont plus fragiles concernant les zones les moins peuplées, avec seulement 95 malades et 111 appartenant au groupe témoin.

Suite à la publication de l'étude, l'association «Agir pour l'environnement» et son homologue «Pour une réglementation des implantations d'antennes relais de téléphonie mobile» (Priartem)» ont réagi en demandant au ministère chargé de la santé de «remplir son rôle dans ce dossier». Les associations estiment qu'«il s'agit d'une recherche de plus qui vient confirmer l'hypothèse des effets néfastes du portable sur la santé des utilisateurs.» Lennart Hardell souhaite que les pouvoirs publics réagissent à sa publication «au moins en adoptant le principe de précaution». De son côté, l'Association française des opérateurs mobiles (Afom), représentant Orange, SFR et Bouygues télécom, n'a pas souhaité commenter l'étude suédoise. «Nous attendont pour 2006 les résultats finaux de l'étude internationale Interphone, conduite sous l'égide de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il s'agit de la seule recherche épidémiologique menée au niveau européen, avec des échantillons statistiques importants», explique Dominique Martin, présidente de l'Afom.



(1) Un odds ratio permet de comparer l'exposition au facteur de risque du groupe de sujets atteints de la maladie étudiée par rapport à un groupe témoin




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