Tchernobyl: un bilan sanitaire inachevé

Le 27 avril 2016 par Romain Loury
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Quel tribu ont vraiment payé les liquidateurs ?
Quel tribu ont vraiment payé les liquidateurs ?
VLDT

Suite à l’accident de Tchernobyl, le 26 avril 1986, ce sont des centaines de milliers de ‘liquidateurs’ qui ont été chargés de nettoyer le site industriel et sa zone d’exclusion. Et à l’échelle européenne, des millions de personnes, dont des enfants, ont été exposés. Trente ans après, quel bilan?

D’abord, il y a eu l’irradiation aigüe: dans les 4 mois qui ont suivi la catastrophe, 28 personnes, employés de la centrale et équipes d’urgences, sont décédées des suites directes de l’accident, parmi les 134 envoyées sur le toit du réacteur n°3 pour y enlever les morceaux de graphite issus du n°4.

D’autres liquidateurs, chargés de nettoyer et de réhabiliter le site, ont suivi: selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), environ 530.000 personnes seraient intervenues. Pas d’effet aigu cette fois-ci, mais des effets chroniques désormais certains.

Trente ans après l’accident de Tchernobyl, le risque de leucémie, cancer le plus sensible à la radioactivité, est bien démontré, avec un temps de latence de 15 ans au maximum après l’accident. Autres effets, les cataractes, survenant à un seuil de radioactivité plus bas qu’on ne le pensait, ainsi que des troubles cardiovasculaires (cardiaques et cérébraux).

Epidémie de cancers de la thyroïde

Quant aux autres cancers, on n’observe à ce jour pas de hausse significative chez les liquidateurs, y compris pour les cancers de la thyroïde. Ceux-ci ont en revanche connu une épidémie dans la population générale, mais uniquement chez les personnes âgées de moins de 18 ans lors de l’accident. Principale source d’exposition, la consommation d’aliments contaminés, en particulier le lait.

C’est à partir de 1991 que l’existence d’un risque accru est apparue chez les enfants. Jusqu’en 2005, on dénombre 6.848 cas de la thyroïde chez des enfants biélorusses, ukrainiens et russes, le décompte s’étant ensuite arrêté faute de données. Pour Jean-René Jourdain, adjoint à la directrice de la protection de l’homme à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), «nous ne sommes pas encore revenus à un niveau basal», d’autant que le temps de latence après l’exposition s’étend jusqu’à 40 ans.

En France, le mystère demeure

Quid des Français, principalement exposés par voie alimentaire? Si les inquiétudes, et les polémiques sur la position des autorités françaises, ont été fortes, rien ne démontre à ce jour un excès de cancers de la thyroïde lié à Tchernobyl. Et pour cause: lors de l’accident, la France ne disposait pas encore de registre des cancers de la thyroïde chez l’enfant.

En absence de données de base, des modélisations menées par l’RSN avaient estimé que l’éventuel surplus de cancers de la thyroïde, au vu du niveau d’exposition de la population, serait inférieur à la marge d’incertitude. Conclusion: «Du fait que nous n’avons pas de chiffres de référence, on ne peut pas affirmer, et on ne pourra probablement jamais le faire, que l’accident a entraîné des cancers de la thyroïde en France», explique Jean-René Jourdain.

 



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