Taxe carbone: Obama sous pression

Le 14 novembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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John Boehner, le patron des députés républicains va-t-il accepter une taxe carbone ?
John Boehner, le patron des députés républicains va-t-il accepter une taxe carbone ?

Certaines des conséquences du désastreux passage de l’ouragan Sandy sont des plus inattendues.

Depuis la réélection de Barack Obama, un nombre croissant de voix réclament l’instauration d’une taxe carbone aux Etats-Unis. Un sujet tabou jusqu’à ces derniers jours. Pour enfoncer les lignes républicaines, réputées hostiles à la lutte contre le changement climatiques, les démocrates ont sorti la grosse artillerie.

Dans un entretien au Guardian, Al Gore appelle le président américain à taxer les émissions de gaz carbonique: «Il en a le mandat, il en a l’opportunité et il a toute la légitimité pour le faire», souligne l’ancien vice-président de Bill Clinton. Venant du co-prix Nobel de la paix 2007 (avec le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat -Giec), cette demande n’est pas surprenante. Voilà des années que le candidat malheureux à la présidentielle de 2000 arpente les plateaux TV et les amphithéâtres d’université pour appeler à la réduction de notre empreinte carbone.

La nouveauté est que ce discours commence à être repris par des libéraux et les conservateurs. Le principal lobby des entreprises, l’American Entreprise Institute (AEI), vient d’organiser avec la Brooking Institution (une boîte à idées proche des démocrates) et le Fonds monétaire international un colloque sur l’économie des taxes carbone: une idée honnie par l’AEI, il n’y a pas si longtemps encore.

Le think tank «social-libéral» vient d’ailleurs de publier une étude montrant tous les bénéfices pour l’économie américaine d’une taxe carbone. En taxant à 20 dollars (15,7 euros) l'émission de chaque tonne de CO2 (un prix comparable à celui imposé en Australie), les analystes de la Brooking Institution estiment que l’Etat fédéral pourrait lever 150 Md$ (118 Md€) par an. En alourdissant le taux de 4% par an, cette taxe pourrait aussi contribuer à réduire les rejets carbonés américains de 14%, entre 2006 et 2020.

Après la défaite de leur poulain, les économistes républicains ne songent plus à démolir l’idée. «S'il s'agit de remplacer des impôts sur le revenu par une taxe carbone, cela me va», affirme Arthur Laffer, ancien conseiller économique du président Reagan.

L’urgence de la situation économique est un autre argument dégainé par les «pro-tax». L’exécutif et le Congrès disposent d’un mois et demi pour trouver un compromis sur l’épineux problème du Fiscal Cliff. Ce «mur budgétaire» désigne le nombre faramineux de niches fiscales —héritées de l’ère Bush jr— qui expirent à la fin de l’année.

Faute d’accord entre la Maison blanche et le Congrès, ces exonérations seront automatiquement abrogées, ce qui, mécaniquement, entrainera une très forte hausse des impôts. Certains observateurs imaginent, dès lors, un deal entre Barack Obama et John Boehner, le chef des députés républicains (majoritaires à la chambre des représentants): une taxe carbone contre une prolongation des déductions fiscales.

Nous n’en sommes pas encore là. Mais le séisme politique provoqué par Sandy [JDLE] pourrait bien encore faire bouger les lignes.



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