Tara Océan remonte à la source des pollutions plastique

Le 16 mai 2019 par Stéphanie Senet
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Tara met le cap sur les grands fleuves européens
Tara met le cap sur les grands fleuves européens
V. Hilaire / Tara Expéditions

Après ses expéditions dans l’Atlantique-Nord, Méditerranée et Pacifique, la Fondation Tara Océan partira de Lorient, le 23 mai, pour une mission d’évaluation de la pollution plastique dans 10 grands fleuves européens.

Pour sa 4e expédition, Tara Océan ne prend pas le large. Pendant 6 mois, elle va sillonner les côtes européennes pour réaliser des prélèvements de particules plastiques[1] dans la Tamise, l’Elbe, le Rhin, la Seine, la Loire, la Gironde, le Tage, l’Ebre, le Rhône et le Tibre. «L’objectif est d’identifier les sources de pollution plastique, modéliser les flux, comprendre le rôle des fleuves et documenter les effets sur la biodiversité», résume Jean-François Ghiglione, directeur scientifique de la mission et directeur de recherche CNRS à l’observatoire océanologique de Banyuls.

 

Zoom sur les microplastiques

Jusqu’à présent, la littérature scientifique s’est focalisée sur les macro-déchets[2] des fleuves. Si des études ont déjà démontré les dangers sur la faune marine (étouffement, étranglement, ingestion), les 40 chercheurs veulent se focaliser sur les espèces pathogènes ou invasives qui voyageraient sur les microplastiques. Et entrer dans la chaîne alimentaire. Jusqu’à 300 particules ont été trouvées dans 100 grammes de moules vendues dans le commerce, selon une étude publiée en mai 2018[3]. La toxicité des particules sera aussi passée à la loupe pour évaluer les risques sur l’environnement et la santé humaine.

 

Jusqu’aux embouchures

Des prélèvements seront réalisés de la surface jusqu’à 50 mètres de profondeur dans les fleuves, leurs estuaires et leurs embouchures. Réalisés en collaboration avec le CNRS et le laboratoire européen de biologie moléculaire, ils seront ensuite étudiés par une équipe de biologistes marins, écotoxicologues, océanographes, modélisateurs, chimistes et physiciens.

 

Cibler les priorités

«Où doit-on investir pour arrêter ce fléau? Quelles politiques publiques doivent-elles être mises en œuvre? Nous avons besoin de données scientifiques supplémentaires pour inciter les gouvernements, les entreprises mais aussi les citoyens à agir», a lancé Romain Troublé, directeur général de la Fondation. Les océans enferment environ 30 millions de tonnes de plastiques dont 80% proviennent de sources terrestres, selon une étude publiée par le cabinet d’études britannique Eunomia en 2016.

Plusieurs pays, dont la France, interdisent déjà des objets en plastique à usage unique, et 8 produits seront bannis dans tous les Etats membres de l’Union européenne au plus tard en 2021, selon une nouvelle directive. «Le plastique est devenu un indicateur de l’Anthropocène», conclut Jean-François Ghiglione.

 



[1] Des microplastiques (de 1 à 5 millimètres), des particules micrométriques (1.000 fois plus petites) et nanométriques (1 million de fois plus petites)

[2] dont le diamètre est supérieur à 2 centimètres

[3] dans la revue Environmental Pollution



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